Félix Tshisekedi sur le dialogue : « je reste ouvert au dialogue mais ce dialogue ne peut être dévoyé en instrument de pression»

Par MEDINA

Lors de conférence de presse tenue ce mercredi 6 Mai à la cité de l’union africaine à Kinshasa, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s’est livré à un exercice de clarification exhaustive sur la marche du pays. Entre aveux de sincérité sur l’armée, fermeté diplomatique et ambitions sociales, le Chef de l’État a dessiné les contours d’une République souveraine et digne face aux enjeux nationaux et internationaux.

Face à l’agression dont est victime la RDC dans sa partie orientale, Félix Tshisekedi a tenu à lever toute ambiguïté sur sa stratégie. S’il a reconnu avoir été initialement trompé sur le degré de décomposition et d’infiltration des FARDC justifiant ainsi son retrait de la voie belliqueuse, il n’en demeure pas moins ferme sur la suite.

« Je reste ouvert au dialogue, mais ce dialogue ne peut pas être dévoyé en instrument de pression », a-t-il martelé. Pour le Chef de l’État, privilégier la diplomatie est un choix stratégique et non un « signe de faiblesse ». Il a rappelé avec force que la RDC n’est pas pauvre par nature, mais « appauvrie par des guerres d’agression » répétées.

Conscient des attentes pressantes de la population, le Président a recentré le succès des réformes économiques sur leur impact réel dans les foyers.  » Le véritable succès économique se mesure au panier de la ménagère », a-t-il déclaré, faisant de cet indicateur le baromètre de son action.

Sur le front social, il a vanté une revalorisation salariale historique, les salaires des fonctionnaires ont été triplés, tandis que ceux des policiers et militaires ont été quadruplés, une manière de restaurer la dignité de ceux qui servent l’État.

Le Chef de l’État a balayé les critiques concernant la proximité entre Kinshasa et Washington. Pour lui, le partenariat avec les États-Unis n’est dirigé contre personne et ne représente pas un alignement idéologique ou une nouvelle forme de dépendance.

Concernant l’accueil de migrants, il a apaisé les tensions en qualifiant l’initiative de simple acte de gentillesse entre partenaires, menée sous des conditions strictes de sécurité et d’intégrité citoyenne.

Dans un plaidoyer remarqué pour la liberté d’expression, Félix Tshisekedi a rendu un hommage vibrant aux journalistes, particulièrement ceux qui bravent le danger dans l’Est du pays.

« La presse n’est pas l’ennemie de l’État, mais elle est l’une des vigies de la République », a-t-il affirmé. Il a appelé les professionnels des médias à un sens aigu de responsabilité, les plaçant au cœur de la construction d’un État de droit solide.

Enfin, le rayonnement culturel a occupé une place de choix. Regrettant que son agenda ne lui ait pas permis d’assister au concert historique de Fally Ipupa au Stade de France, le Président a annoncé que l’artiste serait décoré officiellement dès son retour au pays. Un hommage à celui qui, selon lui, porte haut l’étendard de la dignité congolaise à travers le monde.

En filigrane de ces piliers, le Chef de l’État a également abordé la question de la Constitution. S’il se dit ouvert à une réflexion menée par des experts pour moderniser les textes, il a insisté sur la nécessité de conduire ce processus avec sérieux et sans obsession politicienne, tout en restant, à titre personnel, à l’écoute d’une éventuelle volonté populaire.

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