FRIVAO : le gouvernement dénonce l’augmentation « incontrôlée » de victimes de trois à plus de 14 000

FRIVAO : le gouvernement dénonce l’augmentation « incontrôlée » de victimes de trois à plus de 14 000

Par Patient MBY

Le gouvernement congolais a dénoncé « l’augmentation incontrôlée » de victimes de la guerre entre le Rwanda et l’Ouganda à Kisangani (Tshopo), prises en charge par le Fonds de réparation des indemnisations des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (FRIVAO).

Selon le compte rendu de la 75ᵉ réunion du Conseil des ministres, le nombre de victimes est passé de 3 000 à 14 000, voire 16 000 personnes, uniquement pour la ville de Kisangani. Le gouvernement dénonce des pratiques de « fraude » et de « manipulations politiques locales » autour de la réparation des victimes.

« Les constats font état de l’augmentation incontrôlée de l’effectif de victimes, passant d’environ trois mille victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 pour la seule ville de Kisangani ; des pratiques de fraude, de manipulation et de pressions politiques locales mises en évidence ; d’une confusion persistante installée entre les réparations judiciaires dues aux victimes et des attentes sociales plus larges ; de l’utilisation des fonds destinés aux indemnisations pour couvrir le fonctionnement courant du Fonds ; ainsi que de la dégradation de la sécurité physique des mandataires et du personnel à Kisangani », a-t-on lu dans le compte rendu du Conseil des ministres.

Face à cette situation, le ministre de la Justice a indiqué qu’il a donné des injonctions au Procureur général près la Cour de cassation d’enquêter sur les fausses victimes, les réseaux d’extorsion et les détournements présumés, en vue de protéger les véritables victimes et de réaffirmer l’autorité de l’État.

Par ailleurs, le ministre de la Justice a déclaré avoir prévenu « l’effondrement » qui guettait le FRIVAO en levant, en décembre 2025, la suspension du comité de coordination, afin de « rétablir un minimum de gouvernance et de mettre fin à une situation de blocage institutionnel ». De surcroît, les arriérés de salaires, de loyers et de charges administratives ont été décantés pour permettre le fonctionnement continu de l’institution.

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