Les États-Unis intensifient leur implication dans la crise sécuritaire à l’Est de la RDC. Des responsables congolais et rwandais sont attendus à Washington pour des discussions jugées décisives, dans un contexte marqué par des sanctions américaines et des tensions persistantes.
Par Pierre Kabakila
L’administration de Donald Trump s’active pour relancer le dialogue entre République démocratique du Congo et Rwanda. Selon plusieurs sources concordantes, des délégations des deux pays sont attendues à Washington en fin de semaine pour des échanges bilatéraux et trilatéraux au Département d’État américain. Ces discussions interviennent dans un climat de fortes tensions, quelques jours après des sanctions ciblées prises par Washington contre des responsables militaires rwandais.
Côté rwandais, des proches du pouvoir de Paul Kagame devraient prendre part aux échanges, notamment des responsables impliqués dans la coopération militaire. La partie congolaise serait représentée par un émissaire de Félix Tshisekedi. Des officiels du Conseil de sécurité nationale et du Bureau des affaires africaines du Département d’État piloteront ces discussions, considérées comme une tentative de désescalade dans la crise à l’Est de la RDC.
Washington accuse ouvertement Kigali de soutenir les rebelles du M23, une implication régulièrement dénoncée par Kinshasa mais rejetée par les autorités rwandaises. La Maison-Blanche n’exclut pas de nouvelles sanctions économiques visant des secteurs stratégiques rwandais si la situation sécuritaire ne s’améliore pas. Déjà, certaines mesures récentes commencent à produire des effets, y compris dans le domaine sportif et économique.
Cependant, la RDC n’échappe pas aux critiques américaines. Des préoccupations ont été exprimées concernant certaines opérations militaires congolaises, notamment après la mort d’un agent humanitaire dans l’Est du pays. Washington semble ainsi vouloir maintenir une pression équilibrée sur les deux parties afin d’éviter toute escalade supplémentaire.
En parallèle, la capitale américaine accueille plusieurs rencontres économiques et politiques impliquant des acteurs africains, dont le sommet énergétique « Powering Africa Summit ». Plusieurs ministres africains, dont la ministre congolaise des Hydrocarbures, y sont attendus aux côtés de responsables américains. Ces échanges traduisent la volonté des États-Unis de conjuguer diplomatie sécuritaire et coopération économique sur le continent.
Au Congrès américain, plusieurs auditions sont également prévues cette semaine pour examiner les priorités de la politique africaine de Washington, notamment en matière de commerce, d’aide internationale et de gouvernance. Autant d’initiatives qui confirment l’importance stratégique croissante de la région des Grands Lacs dans l’agenda américain.












