Guerre à l’Est : les enseignants de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo impayés depuis cinq mois

Par Joël Eben Kodjo

Les conséquences humanitaires du conflit dans l’Est de la République Démocratique du Congo continuent de s’alourdir, touchant particulièrement le secteur de l’éducation. Les professionnels de l’enseignement des territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, ainsi que ceux de la ville de Goma et ses environs, n’ont pas perçu leurs salaires depuis cinq mois.

Cette situation est directement liée à l’intensification des hostilités et à l’occupation de vastes zones par les rebelles du M23-AFC, soutenus par le régime de Kigali. Dans un entretien téléphonique accordé à Reporter.cd ce lundi 9 juin 2025, Aimé Mukanda, notable du territoire de Rutshuru, a souligné que ce non-paiement des salaires fait suite à la perturbation des activités bancaires et du fonctionnement des aéroports, notamment celui de Goma, dans les zones affectées par l’activisme des rebelles.

« Voilà déjà cinq mois que les enseignants vivant dans les zones sous occupation des rebelles du M23-AFC n’ont pas été payés. Depuis l’intensification des combats autour de Goma et les perturbations des services financiers, toutes les banques sont affectées et les enseignants en paient le lourd tribut », a-t-il mentionné, décrivant la dure réalité de ces travailleurs.

Aimé Mukanda a rappelé aux autorités congolaises que les professionnels de l’éducation vivent dans des conditions inhumaines dans cette partie orientale du pays, une situation qui impacte négativement la qualité de l’enseignement. « Face à cette situation, de nombreux enseignants ne peuvent plus se rendre à l’école. Ils restent chez eux et vivent au jour le jour, ayant de grandes difficultés à combler leurs besoins quotidiens », a-t-il confirmé.

Face à ce défi sécuritaire et humanitaire majeur, les autorités éducationnelles sont appelées à prendre des dispositions urgentes pour débloquer les salaires des enseignants. Parallèlement, un appel est lancé aux autorités sécuritaires pour qu’elles œuvrent sans relâche à la restauration de la paix dans l’Est du pays, une région longtemps meurtrie et secouée par l’activisme des groupes armés locaux et étrangers.

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