Par Reagan Lebisabo
Une nouvelle incursion d’hommes armés a plongé le centre de Neisu dans la peur dans la nuit de jeudi à vendredi 11 septembre 2026. Situé à une trentaine de kilomètres d’Isiro, dans la chefferie Ndey, territoire de Rungu, le centre commercial a été la cible d’un groupe d’assaillants qui ont notamment pillé des boutiques et agressé des civils.
Selon les informations rapportées par les autorités coutumières locales, deux jeunes commerçants ont été grièvement blessés au cours de cette attaque. Deux femmes auraient également été victimes de violences sexuelles après l’irruption des assaillants dans une pharmacie du centre.
D’après Amédée Kodruepa, chef de la chefferie Ndey, les hommes armés ont d’abord tenté de pénétrer dans l’hôpital Notre-Dame de Consolata de Neisu. Leur tentative n’a cependant pas abouti. Le policier chargé de la surveillance de cette structure sanitaire serait intervenu en tirant des coups de sommation, obligeant les assaillants à battre en retraite.
« Le centre de Neisu vient d’être visité pour la quatrième fois par des bandits armés. Ils ont tenté de commencer leur opération à l’hôpital Notre-Dame de Consolata, mais ils ont été vite mis en déroute par un policier commis à la garde de cette structure sanitaire », a expliqué l’autorité coutumière.
Après leur échec à l’hôpital, les assaillants se seraient rabattus sur le centre commercial. Trois boutiques auraient été systématiquement pillées. C’est au cours de cette opération que deux jeunes commerçants ont été grièvement blessés, avant que le groupe ne poursuive son parcours dans d’autres points du centre.
Les hommes armés auraient ensuite fait irruption dans une pharmacie où se trouvaient deux femmes. Celles-ci auraient subi des violences sexuelles au cours de l’incursion. Ces faits ont suscité une vive émotion au sein de la population, alors que Neisu fait déjà face à une série d’attaques attribuées à des hommes armés.
Au lendemain de l’attaque, des jeunes de Neisu sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère. Ils dénoncent la répétition des incursions et mettent particulièrement en cause le dispositif sécuritaire mis en place dans le centre. Ils réclament notamment le départ du commandant de la police affecté sur place, lui reprochant son absence lors de plusieurs attaques enregistrées dans la zone.
Face à cette montée de tension, le chef de la chefferie Ndey appelle la population, particulièrement les jeunes, à éviter toute action susceptible d’aggraver la situation. Amédée Kodruepa affirme que des enquêtes sont en cours afin d’identifier les auteurs de l’attaque et de déterminer les circonstances exactes de cette nouvelle incursion.
L’autorité coutumière demande en parallèle aux autorités provinciales et nationales de renforcer rapidement la présence des forces de défense et de sécurité à Neisu. Elle plaide pour davantage d’effectifs, mais aussi pour une amélioration de la logistique mise à la disposition des éléments déployés dans cette partie du territoire de Rungu.
Au-delà de la sécurité des habitants, cette situation inquiète également en raison de l’importance économique de Neisu. Le centre est considéré comme l’une des principales zones de production agricole approvisionnant la ville d’Isiro. La répétition des attaques risque ainsi de perturber les activités commerciales et agricoles, tout en accentuant le sentiment d’insécurité parmi les habitants.
Avec cette quatrième incursion signalée en moins d’une année, la population de Neisu voit se réduire davantage l’espace où elle peut exercer ses activités sans craindre une nouvelle attaque.
Entre les commerces pillés, les victimes blessées et les femmes agressées, la priorité pour les habitants reste désormais de retrouver une sécurité suffisamment durable pour reprendre leurs activités et continuer à approvisionner Isiro sans vivre sous la menace permanente des hommes armés.













