Il est des prises de parole qui, par leur légèreté, leur approximation et leur duplicité, appellent une réponse ferme, structurée et implacable. La réaction de ce défenseur improvisé du CONOR relève précisément de cette catégorie. En tentant de travestir la vérité sur la situation désastreuse que traverse le football congolais, il s’est offert en porte-parole d’un système à bout de souffle, arc-bouté sur ses privilèges et allergique à toute réforme démocratique.
Jerry A. : de l’inspiration à la déception
Il serait injuste de nier le parcours de Jerry A., dont le nom a longtemps été associé à la rigueur dans la communication de la FECOFA et à une plume respectée dans la presse sportive. Beaucoup de jeunes journalistes et analystes l’ont vu comme un modèle à suivre. Mais c’est justement parce qu’il a été une référence que sa posture actuelle interroge. Au lieu de transmettre, de léguer un héritage à la jeunesse qu’il a inspirée, il choisit aujourd’hui de l’attaquer, de l’humilier, de la caricaturer. Quel dommage de voir un aîné expérimenté devenir la voix d’un statu quo moribond, au lieu d’être celle d’une transition vertueuse !
- Un CONOR hors délai, hors mission, hors-sujet
Initialement instauré par la FIFA et la CAF pour une durée de 9 mois (du 2 avril au 30 décembre 2023), le Comité de normalisation devait s’atteler à trois missions claires :
Nettoyer le fichier électoral de la FECOFA,
Réviser les statuts en conformité avec ceux de la FIFA,
Organiser les élections des instances dirigeantes.
Or, que constate-t-on après plus d’un an d’exercice ? Aucune élection tenue. Aucun calendrier électoral publié. Un flou institutionnalisé. Le football congolais reste pris en otage, avec une administration qui se complaît dans la navigation à vue. Et pendant que la CAF menace de lourdes sanctions pour non-conformité, le CONOR, lui, s’empiffre dans le confort de son illégitimité.
- Une manœuvre de diversion pour faire taire les voix libres
L’attaque dirigée contre ceux qui dénoncent les dérives du CONOR n’a qu’un but : brouiller le message, salir les porteurs de vérité, et détourner l’attention des vraies questions. Cette tactique usée ne trompe plus personne. Ceux qui parlent aujourd’hui ne le font ni par ambition personnelle ni par populisme, mais par devoir : celui de sauver ce qui peut encore l’être dans un football qui s’effondre.
Nous posons des faits, pendant qu’ils opposent des indignations sélectives.
Nous brandissons des chiffres, pendant qu’ils récitent des discours creux.
- La FECOFA, abandonnée, sans gouvernance ni direction sportive
Depuis l’installation du CONOR :
Le championnat national est en lambeaux, sans vision claire. Pourtant, saluons ici l’engagement remarquable de Me Bosco Mwehu, Président de la Linafoot, qui, malgré l’absence de soutien du CONOR, parvient à maintenir le championnat en vie grâce à un management rigoureux et l’apport d’un sponsor trouvé par ses propres efforts : Illico Cash. C’est ce genre de leadership pragmatique qu’il faut encourager.
La participation des clubs congolais aux compétitions africaines est entachée de mauvaises performances et de mauvaise organisation.
La sélection nationale elle-même subit les contre-coups d’une gestion opaque et bancale.
Et c’est dans ce chaos qu’un avocat autoproclamé du statu quo ose nous sermonner ? Non, nous refusons de laisser les fossoyeurs du sport roi congolais transformer leur faillite en modèle.
- La démocratie ne se négocie pas : elle s’exige !
Nous ne demandons pas des miracles. Nous exigeons la fin de l’occupation administrative de la FECOFA par un organe transitoire devenu permanent. Nous exigeons un processus électoral crédible, transparent et ouvert à tous les acteurs. Nous exigeons que le football congolais sorte enfin des couloirs sombres des deals, pour rejoindre la lumière de la légitimité et de la compétition.
Que chacun retourne à sa place.
À ce défenseur du désordre établi, nous disons : cessez de prendre les Congolais pour des ignares. Laissez les faits parler. Le CONOR a échoué. Et à moins de vouloir prolonger encore cette trahison du peuple sportif, il est temps de passer la main.
Le Congo mérite mieux qu’une normalisation qui rend anormale toute perspective de relance. Nous ne nous tairons pas. Nous ne reculerons pas. Parce que notre seul camp, c’est celui du football congolais.













