Kabila à Goma : « La personne que je connais n’aurait pas pu se rendre à Goma » (Julien Paluku)

Patient MBY

Depuis l’arrivée dimanche 25 mai, de l’ancien président Joseph Kabila à Goma, une ville contrôlée par les rebelles du M23-AFC, les réactions mitigées fusent de partout. Julien Paluku Kahongya, actuel ministre du Commerce extérieur, a critiqué négativement la présence de Kabila dans cette ville du Nord-Kivu.

Gouverneur de la province du Nord-Kivu de 2007 à 2019, sous le mandat de l’actuel sénateur à vie, Julien Paluku estime que Joseph Kabila, qui a combattu l’agression rwandaise déguisée sous plusieurs groupes armés, ne devait aujourd’hui pas se rendre à Goma, occupé par les rebelles du M23.

« La personne que je connais n’aurait pas dû se retrouver à Goma. Au regard de toute la lutte qu’il a menée, parce que j’en suis témoin, dans les 30 ans d’instabilité de la RDC, il a quand-même 18 ans, dans lesquels il a subi en fait de l’agression rwandaise », a déclaré Julien Paluku lors d’un briefing de presse coanimé avec son collègue de communication Patrick Muyaya ce mardi 27 mai à Kinshasa.

Alors que la guerre à l’Est de la République démocratique du Congo dure pendant près de 30 ans, Joseph Kabila, à la tête du pays pendant 18 ans, a fait face aux multiples groupes armés soutenus par le Rwanda. L’ancien gouverneur du Nord-Kivu évoque la lutte qu’a mené le président honoraire dont il est lui-même « témoin » pour contenir l’avancée du M23 et préserver l’intégrité territoriale du Congo.

De la guerre de Mutebusi en 2004, ayant conduit à la prise de la ville de Bukavu, à la chute de la ville de Goma en 2012, en passant par la guerre de la CNDP entre 2006 et 2007 et par la tentative de l’occupation de Goma par Laurent Nkunda Batware, Joseph Kabila avait à l’époque appelé Julien Paluku à la « résistance » pour repousser cet assaut de Nkunda et ses hommes, avant l’arrivée le 30 octobre 2008 du général John Numbi avec une troupe des FARDC pour contrôler la situation. S’en sont suivies des négociations à Nairobi, au Kenya, entre les protagonistes sous la médiation du président nigérian Olesugun Obasandjo, en 2009.

Pour Julien Paluku, la présence avérée de Joseph Kabila à Goma affirmera les accusations de Félix Tshisekedi à son encontre. Selon Paluku, M. Kabila portera tous les déboires de la guerre avec tous les massacres des congolais survenus à Kishishe, à Bunagana jusqu’au recent carnage qui a fait 3 000 morts lors de la prise de Goma en janvier 2025.

Lors de sa première adresse à la population congolaise six ans après l’alternance « pacifique et civilisée » en 2019 avec son successeur Félix Tshisekedi, l’autorité morale du Front commun pour le Congo (FCC) a annoncé ouvertement son déplacement vers la ville de Goma, alors que les autorités de Kinshasa ont déjà pris des mesures fermes à son encontre, l’accusant d’être de connivence avec le mouvement du 23 mars (M23).

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