Kinshasa : Donné pour mort sur les réseaux sociaux, le manifestant « Ngadajika » est vivant

Kinshasa : Donné pour mort sur les réseaux sociaux, le manifestant « Ngadajika » est vivant

Par Emmanuel Medina

La rumeur a couru plus vite que la vérité, mais les faits ont fini par s’imposer. Annoncé pour mort sur les réseaux sociaux à la suite d’affrontements devant le siège de l’ECiDé parti d’opposition à Kinshasa dont Martin Fayulu est le leader, le manifestant connu sous le nom d’« alias Ngadajika » est bel et bien vivant. L’information a été confirmée ce samedi par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Face à l’emballement numérique qui menaçait d’envenimer une situation politique déjà volatile, le président du CNDH, Paul Nsapu, a mené des vérifications directes. L’institution d’appui à la démocratie a rapidement retrouvé la trace du blessé.

« Le président a parlé avec alias Ngadajika, donné pour mort dans les réseaux sociaux. Il est vivant et suit des traitements dans un hôpital de Kinshasa », a rassuré une source officielle de l’institution auprès de reporter.cd

Cet épisode met en lumière les dérives informationnelles qui caractérisent les manifestations politiques en République démocratique du Congo. En quelques heures, la fausse annonce du décès de ce militant a inondé les plateformes numériques, illustrant le danger des fake news utilisé comme amplificateur de colère. L’intervention rapide des autorités des droits de l’homme a permis de désamorcer une manipulation potentiellement explosive.

Le CNDH ne compte pas en rester là. Afin de documenter objectivement l’ensemble des incidents survenus lors de cette journée de contestation, l’institution s’est saisie du dossier. Un rapport circonstancié, détaillant le déroulement des faits, le bilan des blessés et les responsabilités, est actuellement en cours de finalisation. Il sera rendu public dans les toutes prochaines heures.

Cet incident rappelle de manière brutale à quel point les réseaux sociaux peuvent se transformer en terrain de manipulation lors des crises politiques. Alors que la tension reste palpable à Kinshasa, la confirmation de la survie d’« alias Ngadajika » désamorce un mensonge dangereux qui aurait pu servir de détonateur à de nouvelles violences de rue.

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