Par Patient MBY
Le bilan des émeutes qui se sont déroulées à Boma, dans la province du Kongo-Central, s’est alourdi. D’après la société civile locale, quatre personnes ont été tuées par balle et plusieurs autres grièvement blessées dans les affrontements qui ont opposé des jeunes aux éléments de la police, dans les premières heures de ce jeudi 28 août.
Les accrochages ont commencé dans le quartier Kilomètre 8, où les habitants ont aperçu des éléments de la police et leurs jeeps aux côtés d’une bande de criminels lors d’un cambriolage d’environ cinq maisons, dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 août. C’est ce qu’a indiqué Titty Pungu, cadre de la société civile de Boma, qui a confirmé ce bilan dans une interview accordée à REPORTER.CD.
« La ville de Boma s’est réveillée dans la psychose dans la nuit du 28 août. Cela a été causé par les actes d’inciviques qui ont voulu opérer dans le quartier Titsamuna, en périphérie de la ville de Boma, au kilomètre 8. La police voulant intervenir et la population soupçonnant cette police d’être complice de ces actes, il y a eu accrochage. Cet accrochage a provoqué des morts. Le bilan se présente comme suit : quatre morts par balle, dont trois jeunes hommes et un mineur de 13 ans. Dans la matinée, il y a eu l’arrestation arbitraire et l’escorte d’un enfant de moins de 10 ans », a déclaré Titty Pungu, cadre de la société civile de Boma, joint au téléphone par REPORTER.CD.
La situation a dégénéré lorsque les manifestants ont incendié des postes de police, des véhicules ainsi que des documents importants de ce service de sécurité. Les routes ont été barricadées pour dénoncer la complicité présumée des hommes en uniforme dans les cas d’insécurité, notamment les braquages et les cambriolages.
« On a incendié quelques sous-commissariats dans le secteur de Buma Bungu et en périphérie de la ville de Boma. Les routes ont été barricadées, des pneus brûlés sur la route principale, empêchant la circulation des véhicules. Un jeune a reçu une balle au pied. On a incendié la jeep de la police et celle du chef du secteur de Buma Bungu. Il y a eu destruction méchante des bureaux de tous les services du secteur de Buma Bungu », a-t-il poursuivi.
Les mêmes sources rapportent que les Forces armées de la République démocratique du Congo sont intervenues pour réprimer ces manifestations sanglantes. Jusqu’à présent, une accalmie précaire règne dans la ville de Boma.
À l’issue d’une réunion tenue avec le ministre provincial de l’Intérieur, la société civile recommande la mutation des officiers de police ayant déjà cinq ans d’exercice dans cette partie de la province du Kongo-Central, la création de sous-commissariats dans les zones « dangereuses », ainsi que le renforcement en effectifs et en logistique des services de sécurité.












