Lualaba : la société civile de Kisankala saisit l’Auditorat militaire de Kolwezi contre un groupe de militaires

Lualaba : la société civile de Kisankala saisit l’Auditorat militaire de Kolwezi contre un groupe de militaires

Un groupe de militaires du 13ᵉ régiment d’infanterie de Kibere est visé par une plainte devant la justice militaire. Ce jeudi 20 août, la Synergie des organisations de la société civile de Kisankala, dans le territoire de Mutshatsha (Lualaba), a saisi l’Auditorat militaire de Kolwezi contre ces hommes en uniforme, sur fond de tirs à balles réelles sur des civils.

Par Patient MBY

D’après un document parvenu à REPORTER.CD, la société civile indique que l’adjudant-chef Kakudji Matthieu aurait ordonné aux militaires sous son commandement d’ouvrir le feu sur des creuseurs artisanaux au site minier Pompi, à Kisankala, à la suite d’une altercation dont les causes n’ont pas été élucidées. Cette affirmation est appuyée par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, où un militaire utilise une arme létale contre le responsable des creuseurs. Sans causer de pertes en vies humaines, cette situation aurait suscité la panique au sein de la population locale.

Par ailleurs, les cadres de la société civile et les défenseurs des droits humains, signataires de cette plainte, révèlent que l’adjudant-chef Matthieu Kakudji aurait conduit une opération visant à enlever le chef coutumier Nsemba Dieudonné à son domicile, dans la nuit du 15 au 16 août 2026. Après l’échec de cette mission, ces forces de l’ordre auraient vandalisé la guérite du chef de Kisankala.

La société civile accuse ces militaires de coups et blessures volontaires, de menaces de mort, de tirs à balles réelles sur des civils désarmés, de violation d’un ordre militaire, de trouble à l’ordre public et de dissipation de munitions.

Les plaignants affirment disposer de plusieurs éléments de preuve, notamment des vidéos montrant les tirs. Ils demandent ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire la lumière sur ces faits et d’identifier les militaires présumés responsables.

Dans leur plainte, les membres de la Synergie des organisations de la société civile déclarent également se constituer partie civile, en vue de défendre les intérêts des victimes et d’obtenir réparation pour les préjudices qu’elles auraient subis.

Cette plainte intervient alors que la société civile dénonce le maintien de militaires dans plusieurs sites miniers, notamment à Kisankala, dans le territoire de Mutshatsha. Elle rappelle que le président de la République avait ordonné le retrait des militaires des concessions minières lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres.

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