Par Patient MBY
Au quartier Bel-Air, dans la cellule de Kaleja, commune de Kampemba, l’eau est devenue une pierre précieuse. Depuis plusieurs mois de la saison sèche, une sécheresse est palpable dans cette contrée, plongeant les ménages dans le calvaire.
Selon un constat effectué par REPORTER.CD, ce jeudi 23 octobre, plusieurs points d’eau sont fermés. Les femmes et les enfants parcourent de longues distances à pied pour atteindre les forages entre 4 h et 5 h du matin. Devant ce forage d’eau, le seul qui fonctionne dans ce coin, les files sont interminables. Tout le monde s’empresse pour avoir cette denrée vitale devenue rare.
Les femmes, soucieuses de s’approvisionner en eau pour préparer leurs enfants à aller à l’école, sont toujours les plus pressées. Entre disputes, échanges amicaux de paroles et taquineries, l’ambiance est de taille, lassant parfois le coordonnateur de ce point d’eau qu’elles appellent affectueusement « Papa Caleb », obligé de suspendre l’opération pour les appeler au calme. Malgré cette atmosphère animée, le problème est réel : l’eau ne coule pas aux robinets.
La REGIDESO semble avoir supprimé ce quartier de sa cartographie depuis un certain temps. Si les robinets se comptent sur les doigts d’une main, ils ne desservent cependant pas d’eau potable. Les habitants de ce coin vivent dans un isolement créé par la société de distribution d’eau, insouciante de la souffrance de la population qui paie la facture pour une matière non consommée.
La situation s’est empirée avec le prolongement de la saison sèche, qui a entraîné le tarissement des puits d’eau de fortune, pourtant un recours ultime pour la population de Bel-Air Kaleja, mais aussi d’autres milieux périphériques de la ville de Lubumbashi. Cette eau, obtenue grâce au creusement d’un puits dans une parcelle, servait au moins à soulager certains besoins ménagers.
Face à cette pénurie, l’urgence s’impose pour les autorités compétentes d’impulser la reprise de la distribution d’eau par la REGIDESO, mais également l’implantation de plusieurs points d’eau afin de permettre à la population de s’approvisionner aisément. Sans eau potable, des centaines de ménages sont exposés aux maladies hydriques, à l’instar du choléra, qui n’est pas totalement éradiqué dans la ville de Lubumbashi.













