Patient Mubiayi MBY
Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA), a manifesté pacifiquement dans les rues de la ville de Butembo, pour condamner le massacre de 28 personnes tuées dans la nuit du samedi 15 novembre, par des ADF dans l’hôpital de référence de Byambwe, localité éponyme, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu).
Lors de leur marche, les militants de la LUCHA ont déploré l’indifférence des autorités congolaises face aux tueries massives commises régulièrement dans les territoires de Beni et Lubero, ainsi qu’en Ituri, comparativement aux autres provinces, notamment le Lualaba, où une délégation ministérielle s’est mobilisée à la suite d’un accident de mine qui a fait 49 morts.
« Il est particulièrement choquant de constater à quel point les autorités congolaises demeurent indifférentes et insouciantes face à la souffrance des habitants de Lubero, Beni et Ituri. Nous avons tous vu comment un glissement de terre dans une mine artisanale du Lualaba a mobilisé une délégation ministérielle. Nous avons vu comment, au lendemain du massacre de Byambwe, le Président s’est affiché tout sourire pour accueillir et féliciter l’équipe nationale de football après son brillant parcours en qualification pour la Coupe du monde », ont-ils déclaré sur leur page Facebook.
Des messages forts écrits sur les banderoles et scandés expriment la lassitude des populations face à la passivité des autorités congolaises en rapport avec leurs souffrances, exacerbées par les exactions perpétrées par les rebelles islamistes des ADF contre les civils sans défense.
La LUCHA exige la levée de l’état de siège, mis en place depuis 2021 pour endiguer l’insécurité, et appelle au lancement des opérations militaires coordonnées pour protéger les civils et neutraliser complètement les ADF, devenus très actifs dans cette région sous différentes factions. L’inquiétude reste palpable dans le chef des manifestants : « Nous demandons pourquoi nous ne bénéficions pas de l’attention, de la solidarité et de la compassion de la part de la République ? », s’interrogent-ils.
Selon les forces vives locales, la récente incursion des ADF a laissé la population dans la terreur et la psychose, alors que l’insécurité persiste dans cette zone. Lors de leur assaut, après avoir égorgé des femmes, des enfants et le personnel soignant, les assaillants ont pillé les médicaments et incendié des maisons sur leur passage. Une tragédie de grande ampleur qui devrait interpeller.













