Nomination d’une consule kényane à Goma : William Ruto accusé d’ignorer les massacres en RDC

Par Patient MBY

Alors que la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) se présente comme médiatrice dans la crise opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda, son président en exercice, William Ruto, chef de l’État du Kenya, est accusé de consolider ses liens avec les rebelles du M23-AFC, soutenus par Kigali.

Dans un communiqué publié vendredi 15 août 2025, le président kényan a nommé Mme Judy Kiaria Nkumiri consule à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Or, cette ville est devenue depuis janvier dernier la capitale de facto de la rébellion de l’AFC-M23, qui contrôle également Bukavu.

Cette décision est jugée ambiguë par de nombreux observateurs, car elle intervient alors que les plaies des Congolais sont encore vives après le carnage commis par l’AFC-M23/RDF lors de la chute de Goma en janvier 2025. En choisissant d’envoyer une représentante diplomatique dans une ville échappant au contrôle de Kinshasa, William Ruto donne l’image d’un dirigeant prêt à renforcer ses relations avec des groupes armés accusés de massacres à grande échelle.

Au-delà du Rwanda, officiellement désigné comme agresseur par Kinshasa, cette controverse met en lumière l’implication de plusieurs pays de la région dans la guerre à l’Est de la RDC. Selon de nombreux rapports d’experts de l’ONU, le Kenya, l’Ouganda et le Burundi facilitent la contrebande des minerais provenant des zones occupées.

Le rôle de Nairobi et de Kampala dans la déstabilisation du Congo apparaît désormais au grand jour. Ces deux capitales accueillent et offrent asile à des leaders rebelles pourchassés par Kinshasa. Il convient de rappeler que le mouvement politico-militaire Alliance Fleuve Congo (AFC), dirigé par Corneille Nangaa, a été officiellement lancé en décembre 2023 à Nairobi.

La nomination de cette nouvelle consule kenyane à Goma survient par ailleurs peu après la réouverture unilatérale de la frontière de Bunagana par l’Ouganda, localité minière sous contrôle du M23 depuis 2021, une décision qui n’a jamais été expliquée clairement aux autorités congolaises.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.