Le forum provincial sur la problématique des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) s’est achevé mercredi 25 février à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, après trois jours d’échanges consacrés à la recherche de solutions face à l’insécurité persistante dans la région.
Par Patient MBY
Ouvertes le 23 février, ces assises ont réuni des autorités politiques, militaires et administratives, des représentants de la société civile ainsi que des délégués de l’armée ougandaise (UPDF), engagée aux côtés des FARDC dans les opérations contre les ADF. Les discussions ont porté sur les causes profondes des violences attribuées aux ADF, et sur les mécanismes à mettre en place pour restaurer la paix dans les territoires de Beni, Lubero et une partie de l’Ituri.
Des résolutions axées sur la sécurité et la communication
À l’issue des travaux, plusieurs résolutions ont été adoptées. Les participants ont notamment préconisé la mise en place d’une task force locale de lutte contre le terrorisme intégrant les dimensions communautaires, politiques, économiques et militaires.
Ils ont également proposé l’instauration de mécanismes d’alerte précoce, la création d’une cellule numérique de lutte contre la désinformation, la formation de communicateurs militaires spécialisés et l’amélioration de la communication après chaque opération sécuritaire.
Sur le plan socio-économique, les assises ont plaidé pour l’élaboration d’un « plan Marshall » pour la relance des activités dans les zones affectées. Ils ont par ailleurs, recommandé l’encadrement de l’auto-défense locale, l’implication des wazalendo dans la traque des ADF, la construction d’une prison spécialisée pour les terroristes avec un personnel formé, ainsi que la mise en place d’un centre de déradicalisation destiné notamment aux ex-otages.
La société civile insiste sur la protection des communautés
Présent au forum, Pierre Kambale El-Vyakuno, coordonnateur de la société civile du Congo en territoire de Beni (SICCO), a insisté sur la nécessité de garantir un retour effectif et durable de la paix afin de permettre la reprise des activités socio-économiques.
Selon lui, les ADF ne portent pas de revendications politiques claires et poursuivent leurs actions violentes dans les zones sous état de siège, tout en menant des campagnes de conversion à l’islam.
« Nous avons demandé aux services de sécurité que lorsqu’un membre de la communauté dénonce un cas, il ne soit pas inquiété. C’est cela le mariage civilo-militaire. Toutes les alertes communautaires doivent être prises en compte et les leaders locaux protégés. Nous attendons de ce forum une paix durable pour que les cultivateurs retournent dans leurs champs et que les commerces reprennent normalement », a-t-il déclaré.
Actifs dans l’Est de la RDC depuis plus d’une décennie, les ADF, groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’État islamique, figurent parmi les principaux acteurs de l’insécurité dans la région, selon plusieurs rapports de centres de recherche congolais.













