La société Copper Intelligence, engagée dans le projet Butembo Copper pour exploiter le cuivre en chefferie de Bashu, au Nord-Kivu, a annoncé de nouveaux membres dans son conseil d’administration.
Par Reporter. CD
Parmi eux, la présence d’Enrique Ric Prado, ancien agent de la CIA, attire l’attention. Ce projet se situe dans une zone marquée par l’insécurité et l’activisme des ADF, ce qui interroge davantage sur ce choix. Selon des informations relayées par le journaliste d’investigation Fiston Mahamba basé au Nord-Kivu, chercheur sur la question des ADF.
Selon des données fournies, Ric Prado est un spécialiste des opérations paramilitaires et de la lutte contre le terrorisme. Il a travaillé pendant plus de 20 ans à la CIA et a occupé plusieurs postes à l’étranger, parfois dans des pays difficiles sur le plan sécuritaire. Il a été impliqué dans des opérations importantes, notamment après les attentats du 11 septembre, en collaboration avec des institutions comme le FBI et des unités militaires d’élite. Son parcours montre qu’il a une grande expérience dans la gestion des situations complexes et des zones à risques.
Au cours de sa carrière, il a aussi dirigé des opérations sensibles et travaillé dans des structures stratégiques de la CIA. Il a reçu plusieurs distinctions importantes pour ses services et a terminé sa carrière avec un rang élevé. Son profil laisse penser qu’il pourrait jouer un rôle lié aux questions de sécurité ou de stratégie dans ce projet minier situé dans cette région instable du Nord-Kivu.
À ses côtés, on retrouve Jean Bosco Kanku Kalumbu, un acteur congolais connu dans les milieux religieux et humanitaires. Il a dirigé une église à Bruxelles et a participé à plusieurs initiatives en République démocratique du Congo, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’accès à l’eau et de l’emploi des jeunes. Il est aussi présenté comme ayant une expérience dans le secteur minier et dans les relations avec les institutions.
La présence de ces 2 profils montre que le projet Butembo Copper ne se limite pas seulement à l’exploitation minière. Il s’appuie probablement aussi sur des personnes capables d’intervenir dans un environnement difficile, où les enjeux économiques et sécuritaires sont inséparables. Dans une région comme le Nord-Kivu, où la situation reste instable, ce type de choix ne peut que susciter des questions sur les véritables objectifs et les stratégies autour de ce projet.
En effet, la chefferie de Bashu, en territoire de Beni, est l’une des régions les plus affectées par les attaques terroristes entretenues par les ADF. Ce groupe djihadiste est considéré comme le plus cruel et le plus dangereux de tous les groupes armés dans le pays.
Depuis octobre 2014, il mène des incursions dans des villages non protégés par les services de l’ordre. Ici, ils tuent des civils innocents, incendient des maisons et des véhicules, pillent des biens et enlèvent des citoyens. En 11 ans de guérilla, ils sont responsables de près de 15 mille morts sans citer des biens matériels inombrables.
Au départ actifs dans le territoire de Beni, l’ADF a étendu son emprise dans les territoires de Lubero (Nord-Kivu), Mambasa et Irumu (Ituri). Aujourd’hui, ces attaques visent désormais la province de la Tshopo. Ainsi, en plus du côté minier, l’implication de Ric Prado pourrait-il aider sur le plan sécuritaire dans cette zone? Que des questions sans réponses pour l’instant.












