Par Patient MBY
Un nouveau front diplomatique s’ouvre dans la crise entre la RDC et le Rwanda. Alors que le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est actuellement occupé par Kigali, Kinshasa entre en lice pour les échéances électorales prévues en juin 2026.
Lors de la 76ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 30 janvier 2026, le ministre délégué aux Affaires étrangères chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbasu, a annoncé la candidature de la RDC à ce poste, afin de contrer celle de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui brigue un troisième mandat consécutif à la tête de l’OIF.
À travers cette candidature, la République démocratique du Congo entend assumer pleinement son leadership au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, aujourd’hui dirigée par le Rwanda, un pays ayant adhéré au Commonwealth depuis novembre 2009 et dont la langue officielle est l’anglais, alors que la RDC demeure le plus grand pays francophone au monde.
Kinshasa et Kigali s’engagent ainsi dans une nouvelle bataille diplomatique. En juin 2026 interviendra le dépôt des candidatures, suivi d’autres préparatifs électoraux avant les élections prévues en novembre de la même année. Louise Mushikiwabo occupe le poste de secrétaire générale de l’OIF depuis janvier 2019, à l’issue d’élections vivement critiquées.
Ces élections à la tête de la Francophonie se tiennent dans un contexte de crise persistante entre la RDC et le Rwanda, exacerbée par les conflits armés dans l’Est du pays, alimentés par Kigali sous couvert du M23. En ce mois de janvier, l’ambassadrice rwandaise aux États-Unis a admis une collaboration « en matière de sécurité » entre le Rwanda et le M23. Un aveu sans surprise, qui vient confirmer les différents rapports des groupes d’experts des Nations unies faisant état de la participation directe du Rwanda dans la guerre à l’Est de la RDC.













