Plainte de l’UDPS contre les Forces du progrès : véritable désaveu ou simple mise en scène ?

Plainte de l’UDPS contre les Forces du progrès : véritable désaveu ou simple mise en scène ?

L’annonce a surpris de nombreux observateurs. Le lundi 22 juin, l’UDPS a affirmé avoir saisi la justice contre des personnes qui utiliseraient le nom des Forces du progrès pour commettre des actes contraires à la loi. Le parti assure qu’il ne se reconnaît pas dans les violences attribuées à certains individus agissant sous cette appellation. Mais, d’ores et déjà, une question se pose : s’agit-il d’un véritable désaveu ou simplement d’une démarche destinée à calmer les esprits et Les critiques qui se multiplient contre le parti au pouvoir ?

Par Gédéon Antibu

Depuis plusieurs années, le nom des Forces du progrès revient régulièrement. L’opposition ou encore des organisations de la société civile ainsi que les Églises catholique et protestante accusent souvent ce groupe d’être impliqué dans des actes d’intimidation et de violence. Surtout, depuis l’avènement de Félix Tshisekedi à la tête du pays, des accusations similaires refont régulièrement surface, donnant l’impression que ce groupe travaille comme un moyen de pression au service du parti présidentiel.

Les événements du 12 juin dernier, par exemple, l’ont attesté. Lors de la manifestations’
organisée par l’opposition contre un éventuel changement de la Constitution, plusieurs vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux. On y voyait des militants présentés comme des Forces du progrès intervenir contre des opposants, parfois aux côtés des forces de sécurité. Ces images ont provoqué de nombreuses réactions et interrogé sur le rôle réel de ce mouvement.

C’est pourquoi l’initiative de l’UDPS étonne aujourd’hui. Beaucoup se demandent pourquoi le parti décide d’agir maintenant alors que les accusations existent depuis longtemps. Si les dirigeants considèrent réellement que certaines personnes ternissent l’image des Forces du progrès, pourquoi avoir attendu autant de temps avant de porter plainte ? Cette question tout à fait légitime revient avec insistance.

D’autres observateurs vont encore plus loin. Ils estiment qu’une simple plainte ne suffit pas à convaincre l’opinion. Selon eux, si l’UDPS souhaite réellement se démarquer des comportements reprochés à certains militants, il devrait prendre des mesures plus rigoureuses. Car tant que les Forces du progrès continueront d’exister et d’agir sous cette appellation, beaucoup auront du mal à croire à une véritable volonté de mettre fin à des actions violentes qu’on leur reproche.

Les critiques deviennent de plus en plus nombreuses. Les dénonciations ne viennent plus seulement de l’opposition. Des organisations citoyennes, des ONG et plusieurs responsables religieux ont également exprimé leurs inquiétudes au sujet de méthodes attribuées des Forces du progrès. Pour certains analystes, la plainte déposée par l’UDPS ressemble plus à une tentative de protéger son image. Le parti serait conscient que les agissements attribués à certains de ses militants risquent de lui coûter cher sur le plan politique, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Dans cette lecture, il s’agirait surtout de montrer que l’UDPS condamne les violences afin d’éviter d’en porter la responsabilité dans les prochains jours.

Mais cette stratégie pourrait ne pas suffire. Car l’opinion publique attend désormais des actes concrets. Les personnes visées seront-elles réellement poursuivies ? Des sanctions seront-elles prises ? Les comportements dénoncés vont-ils cesser ? Voilà les questions que beaucoup de Congolais se posent aujourd’hui.

A ce sujet, l’opinion est divisée. Pour les détracteurs des Forces du progrès, elles représentent une menace pour la démocratie et les libertés publiques. Pour leurs défenseurs, elles ne sont qu’un mouvement de militants engagés dans la défense de leur parti. A ce stade, la plainte déposée par l’UDPS ne mettra donc pas fin aux interrogations. Au contraire.

Les prochains jours permettront peut-être d’y voir plus clair. Mais pour l’instant, le doute demeure. Beaucoup se demandent si l’UDPS est réellement en train de désavouer les Forces du progrès ou si elle cherche simplement à prendre ses distances avec un dossier devenu trop encombrant. Dans l’esprit de nombreux observateurs, seule une action ferme, comme la dissolution de ce mouvement au sein de l’UDPS, pourra répondre à cette question et convaincre l’opinion sur la sincérité de la plainte engagée. Autrement, la démarche du parti au pouvoir paraît plus comme un trompe-l’oeil pour se couvrir à l’intérieur tout comme à l’extérieur, tout en soutenant dans les coulisses les actions menées par ces jeunes.

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