Du 22 au 24 juin 2026, une nouvelle réunion technique s’est tenue à Nairobi, à l’hôtel Radisson Blu situé dans le quartier Upper Hill, autour de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta. Il est facilitateur du processus de paix pour l’est de la République démocratique du Congo. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi du processus de Nairobi, consacré aux groupes armés actifs dans l’Est du pays.
Par Gédéon Antibu
Cette session s’est déroulée à huis clos et a réuni plusieurs acteurs régionaux et internationaux impliqués dans les efforts de paix en RDC. Il s’agit notamment des représentants de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de la SADC, de la MONUSCO, du Bureau de l’Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs, ainsi que des experts associés au processus.
Les travaux ont porté sur la conception des mécanismes techniques qui doivent appuyer le prochain engagement avec les groupes armés. Les discussions ont notamment abordé la définition de la portée du processus, les garanties nécessaires pour les interactions avec les groupes concernés, ainsi que les critères de séquençage des prochaines étapes.
Selon le bureau de Uhuru Kenyatta, cette session a permis d’affiner les bases techniques du dispositif. Un rapport d’experts a été élaboré et soumis à la fin des travaux afin d’orienter la suite du processus de Nairobi, en particulier pour les groupes armés actifs en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Cette nouvelle réunion intervient dans un contexte où le processus de Nairobi semble dans l’impasse. Il avait été mis en place pour offrir un cadre de dialogue aux groupes armés locaux en vue d’un désarmement, d’une démobilisation et d’une réinsertion communautaire.
Dans sa conception initiale, le processus ne concernait pas le M23, qui était déjà engagé dans d’autres cadres diplomatiques, notamment les processus de Luanda puis de Doha. Nairobi devait donc se concentrer sur les autres groupes armés moins structurés mais très actifs sur le terrain.
Cependant, la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC est restée très instable. Malgré leur intégration dans le processus, plusieurs groupes armés ont poursuivi leurs activités. Les attaques contre les civils, les enlèvements, les pillages et les incendies de villages continuent malgré la sensibilisation faite aux milices.
En Ituri, les attaques des CODECO se poursuivent, tandis que dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, plusieurs milices locales restent actives et continuent de provoquer des déplacements des populations.
Au fil du temps, le processus de Nairobi a perdu sa force. L’attention régionale et internationale s’est progressivement concentrée sur la crise du M23, considéré comme une menace plus directe pour le pays et pour le régime en place, selon certains analystes, ce qui a relégué les autres groupes armés au second plan.
Ce rééquilibrage des priorités a fait oublier le processus de Nairobi. Plusieurs observateurs estiment que le suivi des engagements concernant les groupes armés non-M23 est déjà rejeté dans les oubliettes.
Dans ce contexte, la réunion tenue à Nairobi autour de Uhuru Kenyatta semble comme une tentative de relancer la machine. Mais dans l’Est de la RDC, la réalité reste marquée par la poursuite des combats. Malheureusement, les populations civiles continuent de subir les conséquences de cette insécurité.













