RDC : À Goma, la victoire des Léopards libère un cri d’attachement à la patrie sous occupation

Par Emmanuel Medina

Dimanche à l’aube, bravant le climat de terreur imposé par l’occupation rwandaise, des milliers d’habitants de Goma ont envahi les rues. Derrière la célébration du triomphe de l’équipe nationale de football, c’est un message de résistance politique et de fidélité aux institutions de Kinshasa qui a résonné à la frontière est du pays.

Il est à peine l’aube ce dimanche lorsque Goma bascule dans l’effervescence. Le coup de sifflet final de la rencontre des Léopards de la République démocratique du Congo vient de retentir, scellant une victoire historique pour le Onze national. En temps normal, la ville, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, vit sous une chape de plomb, étranglée par l’occupation des forces rwandaises et de leurs supplétifs du M23. Mais ce matin, la peur a changé de camp selon la presse locale.

Sur les grandes artères de la ville, le silence habituel de la nuit a été brisé par une déferlante humaine. Des milliers de jeunes, drapeaux tricolores en main ou peints sur le visage, ont convergé vers les ronds-points stratégiques. Les vidéos, partagées massivement et de manière virale sur les réseaux sociaux, témoignent d’une ferveur patriotique que personne n’avait vu venir avec une telle intensité.

Dans cette région meurtrie par des décennies de conflits et asphyxiée par la présence militaire étrangère, le football a transcendé le simple cadre sportif. Il est devenu le catalyseur d’une colère et d’une résilience longtemps contenues.

Pour la population de Goma, célébrer les Léopards équivaut à réaffirmer son identité congolaise face à l’envahisseur. Chaque but marqué à des milliers de kilomètres de là a été vécu à Goma comme une victoire militaire, une reconquête symbolique du territoire national. « Goma est et restera en RDC. Les Léopards gagnent, le Congo gagne, nous ne plierons jamais », semblaient hurler les visages en sueur des manifestants saisis par les caméras des smartphones.

Au-delà de l’exploit sportif, les célébrations ont immédiatement pris une tournure hautement politique. Au milieu des chants à la gloire de la sélection nationale, un slogan est revenu en boucle, scandé à l’unisson par une jeunesse survoltée : « Fatshi Béton ».

Ce surnom populaire du Chef de l’État congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a résonné dans tout le chef-lieu du Nord-Kivu comme un défi direct lancé aux autorités d’occupation. En scandant le nom du Président de la République, la jeunesse de Goma a envoyé un signal clair au monde entier et aux agresseurs : leur attachement à la mère-Patrie et aux institutions nationales, légalement établies à Kinshasa, demeure inébranlable.

Cette démonstration de force pacifique mais bruyante porte une lourde charge symbolique. Elle intervient alors que le processus de paix piétine et que la population locale se sent parfois oubliée par la communauté internationale.

En bravant le couvre-feu et le risque d’une répression armée pour acclamer leur président et leur pays, les Gomatraciens rappellent qu’ils ne reconnaissent aucune autre autorité que celle des institutions de la République. Ce sursaut patriotique de l’aube sonne comme un message de soutien total aux forces armées de la RDC (FARDC) et un rappel pressant au gouvernement central : Goma attend sa libération effective, car son cœur n’a jamais cessé de battre au rythme de Kinshasa.

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