En marge du mois des droits des femmes, la Première Ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a porté un plaidoyer musclé au siège des Nations Unies. Entre rencontres bilatérales et dénonciations de l’agression rwandaise, elle appelle à une cohérence mondiale face aux atrocités commises dans l’Est de la RDC.
Par medina
Le ton est ferme, la mission claire. Depuis son arrivée à New York ce lundi, Judith Suminwa Tuluka multiplie les offensives diplomatiques. Son objectif : briser le silence sur le calvaire des femmes dans l’Est de la République Démocratique du Congo, victimes collatérales d’un conflit alimenté par l’occupation illégale du territoire par le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC.
« L’impunité n’est plus une option »
Lors d’un échange crucial avec Pramila Patten, Représentante spéciale de l’ONU sur les violences sexuelles en période de conflit, la Cheffe du Gouvernement a dressé un constat alarmant. Malgré les efforts internes, le nombre de victimes explose sous le poids de la crise sécuritaire actuelle.
Pour Judith Suminwa, le temps des discours doit céder la place à celui des actes. « Il est inadmissible que des pays qui commettent ces violences occupent des positions de décision dans certains organes des Nations Unies », s’est-elle indignée. Elle exige désormais que la communauté internationale applique des sanctions concrètes contre les États et groupes armés responsables de ces actes odieux.
Un leadership féminin en pleine ascension
Au-delà de la crise, la Première Ministre a profité de cette tribune pour souligner les avancées institutionnelles sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Elle a notamment rappelé :
La parité en marche : Le taux de femmes au sein du Gouvernement est passé de 21 % en 2021 à 32 % aujourd’hui.
Réformes juridiques : La modification du Code de la famille supprimant l’autorisation maritale pour travailler.
Réparation : La mise en place du FONAREV pour soutenir la reconstruction des victimes.
Diplomatie et enjeux sécuritaires
L’agenda de la Première Ministre a également été marqué par un déjeuner avec le Président philippin, Ferdinand Marcos Jr. Si Manille cherche le soutien de Kinshasa pour son siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, la RDC, elle, place la protection des civils en zone de conflit au cœur de ses négociations.
À travers le deuxième pilier de son Programme d’actions, le Gouvernement Suminwa réaffirme sa détermination de faire de la justice transitionnelle un levier de paix durable, afin que chaque crime commis sur le sol congolais soit sanctionné et chaque victime réparée.












