Par Emmanuel Medina
Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a plaidé ce mercredi 15 juillet pour la création d’un mécanisme de contrôle continu du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Cette déclaration a eu lieu lors d’une séance académique organisée au Palais du Peuple, sous l’impulsion du ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya.
Pour Aimé Boji Sangara, l’implication directe du pouvoir législatif est essentielle à la réussite de cette opération d’envergure. Le chef de la chambre basse estime que le Parlement doit recevoir des rapports réguliers sur l’avancement du processus. Cette transparence permettra aux élus d’exercer pleinement leur rôle constitutionnel de contrôle, de suivi et d’accompagnement des politiques publiques.
Entouré de plusieurs membres de son bureau, le président de l’Assemblée nationale a également exhorté les députés nationaux à s’impliquer sur le terrain. Il les invite à devenir des acteurs majeurs de la sensibilisation afin de mobiliser massivement les citoyens.
Cette journée d’information visait à éclairer les élus sur les défis du RGPH-2, un projet qui intervient quarante-deux ans après le tout dernier recensement de la République démocratique du Congo, exécuté en 1984. L’objectif ultime de cette démarche est de doter enfin le pays de données démographiques et statistiques fiables, un outil qui fait cruellement défaut pour planifier efficacement le développement national.
De son côté le ministre du Plan, Guylain Nyembo Mbwizya, a profité de cette tribune pour rappeler la nature profonde de l’exercice. Le recensement général n’est pas une simple formalité administrative, mais une opération scientifique et statistique rigoureuse. Elle consiste à dénombrer de façon exhaustive chaque personne résidant sur le territoire national à un instant précis.
Au-delà du simple comptage, l’enquête collectera des indicateurs sociodémographiques précis comme l’âge et le sexe des habitants, le niveau d’instruction global, l’activité économique de la population et la structure des ménages et l’état des logements. Ce grand inventaire humain doit permettre à la RDC de baser ses futures réformes et infrastructures sur des réalités concrètes et mesurables.
Il sied de noter que, le succès de ce deuxième recensement représente un virage historique pour la République démocratique du Congo. En acceptant de soumettre l’action gouvernementale au contrôle rigoureux du Parlement, les autorités affichent une volonté de transparence inédite. Reste désormais à transformer ce plaidoyer politique en réalités logistiques sur le terrain, afin que la RDC sorte enfin de quarante-deux ans d’obscurité statistique.













