Lors du Conseil des ministres de ce vendredi 10 avril 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a présenté un plan d’urgence ciblé sur la ville-province de Kinshasa. Entre rénovation du réseau cinquantenaire et nouvelle tarification sociale, l’exécutif tente de redonner du souffle à un géant aux pieds d’argile.
Par MEDINA
Le constat dressé devant le Conseil des ministres est sans appel, la REGIDESO est asphyxiée. Installations vétustes datant de plus de 50 ans, manque criant de pièces de rechange et infrastructures dévorées par les érosions pluviales, la société nationale ne parvient plus à garantir une desserte stable, ni en qualité, ni en quantité.
Pour financer ce plan de sauvetage, Aimé Molendo Sakombi mise sur une réforme courageuse qui est l’application d’un nouveau tarif de vente de l’eau. Cette révision, étudiée conjointement avec le ministère de l’Économie, se veut toutefois solidaire. « Ce nouveau tarif tient compte des catégories sociales les plus vulnérables », a précisé le ministre.
L’idée est de dégager des marges de manœuvre financières pour permettre à la REGIDESO d’engager des réparations immédiates sur le réseau kinois, tout en protégeant le pouvoir d’achat des ménages modestes.
Cependant, la réussite de ce plan dépendra d’un facteur crucial qui est la fin de l’impunité pour les instances officielles. Le Vice-Premier ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a rappelé l’urgence d’auditer les « universités publiques » et autres institutions qui consomment l’eau sans s’acquitter de leurs factures.
Le paradoxe est frappant. Si la REGIDESO peine à investir, c’est aussi parce qu’elle est le créancier d’un État qui ne paie pas. Pour rappel, au 31 mai 2025, la dette de l’État congolais envers la REGIDESO s’élevait à la somme faramineuse de 598 millions de dollars américains. David Tshilumba, Directeur Général de la société, l’avait déjà martelé devant les députés que sans le paiement de ces arriérés, toute relance durable reste hypothétique.
Depuis sa transformation en société anonyme en 2014, la REGIDESO S.A. cherche son équilibre entre sa mission sociale et ses impératifs de rentabilité commerciale. Avec ce plan d’urgence, le gouvernement Tshisekedi tente une énième thérapie de choc.
Reste désormais à savoir si le paiement effectif des factures par les instances officielles suivra les intentions annoncées en Conseil des ministres. Car sans une injection réelle de liquidités et une discipline budgétaire au sommet de l’État, la nouvelle tarification risque de peser uniquement sur les abonnés privés, sans pour autant résoudre la crise structurelle de l’or bleu en République démocratique du Congo.












