RDC : Avec la « C4 », Augustin Kabuya balise la voie vers le changement de la Constitution

Par MEDINA

Le Secrétaire général et président ad intérim de l’union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya a fait de la réforme constitutionnelle sa priorité absolue lors de son point de presse ce lundi 25 mai 2026 au siège du parti présidentiel. Face aux professionnels des médias, le chef de file de la majorité a réaffirmé la montée en puissance de la « C4 » Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution. Conçue pour contrer le front du statu quo, cette nouvelle plateforme politique dicte désormais le tempo à Kinshasa, reléguant au second plan les polémiques personnelles, notamment celles impliquant Jean-Marc Kabund.

La Constitution au centre des enjeux : l’offensive de la « C4 »

Pour l’UDPS et ses alliés, l’heure n’est plus aux hésitations. Augustin Kabuya a profité de cette sortie médiatique pour consolider l’assise politique de la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), une plateforme lancée en riposte directe à la « Coalition Article 64 » (C64) créée par l’opposition.

Le chiffre 4 symbolise l’unité nationale à travers les quatre zones linguistiques de la République démocratique du Congo. Face à la presse, Kabuya a insisté sur la nécessité de doter le pays d’un texte fondamental adapté aux réalités actuelles, qualifiant l’actuelle Constitution de texte rédigé par des belligérants. Le Secrétaire général a mis en avant le succès des récentes consultations, rappelant le ralliement de figures majeures de la majorité comme Modeste Bahati Lukwebo. Pour le pouvoir, le curseur est définitivement mis sur la mobilisation populaire afin d’obtenir l’adhésion massive du souverain primaire.

Rejetant toute idée de confrontation violente dans la rue, le président ad intérim de l’UDPS a cadré le débat institutionnel sur le terrain strictement démocratique. « Ils ont lancé leur dynamique qui s’oppose au changement de la Constitution, et nous avons mis en place notre dynamique C4. C’est la population qui va nous départager », a martelé Augustin Kabuya.

En positionnant la C4 comme un rassemblement de partis, d’associations de la société civile et de confessions religieuses, la majorité présidentielle entend légitimer sa démarche législative face aux accusations de dérive autoritaire portées par l’opposition.

En coulisses : Kabuya règle ses comptes avec Jean-Marc Kabund

Bien que l’agenda institutionnel de la C4 ait dominé les débats, Augustin Kabuya a profité de la fin de son intervention pour répondre de manière virulente aux récentes déclarations de son prédécesseur, Jean-Marc Kabund.

Le démenti de la réunion nocturne; Kabuya a fermement rejeté l’existence d’une réunion politique secrète chez la mère du chef de l’État, Marthe Tshisekedi. Selon ses dires, il s’agissait d’une convocation purement disciplinaire après que Kabund a délibérément dégonflé les pneus du véhicule de la matriarche à Baramoto sur l’avenue poids lourds. Kabuya affirme avoir dû envoyer son propre chauffeur pour acheter cinq pneus de rechange en urgence.

Accusations sur l’identité; Le secrétaire général de l’UDPS a également porté de graves accusations sur les origines de Kabund, affirmant qu’il aurait menti en se prétendant Katangais pour obtenir ses fonctions du vivant d’Étienne Tshisekedi. Il a souligné que l’ancien président intérimaire avait modifié son patronyme d’origine, «Kabunda-a-Kabunda », pour devenir « Kabund ».

Pour Augustin Kabuya, ces sorties médiatiques de l’opposition ne sont que des manœuvres de diversion destinées à masquer des soupçons de financements politiques occultes.

Notons que, au-delà de la joute verbale et du déballage de coulisses, ce réquisitoire contre Jean-Marc Kabund trahit la tension extrême qui entoure désormais le débat sur la loi fondamentale. En disqualifiant ainsi le messager, le président ad intérim de l’UDPS cherche à immuniser sa base contre les discours critiques et à cimenter l’unité derrière le projet présidentiel.

Avec le lancement de la C4, le camp au pouvoir affiche une détermination inflexible; aucun obstacle, qu’il s’agisse de querelles intestines ou d’une opposition coalisée, ne devra entraver la route vers une nouvelle Constitution. Alors que la C4 s’apprête à investir le terrain pour mobiliser le souverain primaire, la RDC s’enfonce un peu plus dans une guerre de position institutionnelle. Reste à savoir si cette stratégie d’affrontement frontal permettra de dégager le consensus national indispensable à la refondation de l’État, ou si elle ouvrira la voie à un nouveau cycle de turbulences politiques.

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