Par Emmanuel Medina
Le gouvernement congolais passe à la vitesse supérieure dans le suivi international de la crise à l’Est. Ce mardi 9 juin 2026, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a dirigé une séance de travail stratégique par visioconférence avec les membres de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies, marquant le début officiel de leur mission.
Cette réunion de haut de niveau concrétise la mise en œuvre de la résolution S-37/1 du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Organisée par le ministère des Affaires étrangères, qui centralise tous les mécanismes internationaux en RDC, cette rencontre en ligne a permis d’accueillir formellement les enquêteurs internationaux.
L’objectif premier était de définir le cadre logistique et d’établir les bases d’un dialogue structuré avant le déploiement de la Commission sur le terrain, dans les provinces meurtries du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Au cœur des échanges, l’étendue du mandat de la Commission a été minutieusement décortiquée. Dans un contexte sécuritaire et mémoriel extrêmement volatile à l’est du pays, la diplomatie congolaise a posé ses conditions de crédibilité.
La ministre Thérèse Kayikwamba Wagner a insisté avec fermeté sur l’obligation pour les commissaires de respecter des principes stricts d’impartialité, d’objectivité et de neutralité. Pour Kinshasa, la réussite et la validité des conclusions de cette enquête dépendront d’une collaboration étroite avec toutes les parties prenantes locales, évitant ainsi les biais narratifs qui biaisent parfois les rapports internationaux.
En contrepartie de cette rigueur, la RDC joue la carte de la transparence totale. La ministre d’État a réaffirmé l’engagement sans réserve du gouvernement à accompagner pleinement les enquêteurs, à faciliter leurs mouvements et à sécuriser leurs accès aux zones affectées par les conflits.
L’objectif ultime affiché par Kinshasa dépasse le simple cadre du monitoring humanitaire :Documenter scientifiquement les exactions commises contre les civils, utiliser ces preuves pour poursuivre les auteurs des violations des droits humains, et enfin obtenir justice pour les victimes afin de consolider une paix durable dans la région.
Au-delà des promesses de transparence, le déploiement de cette commission internationale représente un test majeur pour la diplomatie de Thérèse Kayikwamba Wagner. En exigeant une neutralité stricte, Kinshasa cherche à éviter les rapports biaisés qui ignorent souvent la responsabilité des agressions extérieures. Le véritable défi sera d’obtenir des sanctions internationales concrètes basées sur les conclusions des enquêteurs, afin que la justice ne reste pas lettre morte pour les populations du Kivu.













