Par Patient MBY
Alors que la République Démocratique du Congo s’engage dans des pourparlers de paix pour mettre fin à des décennies de guerre d’agression dans sa partie Est, Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, a livré une analyse incisive des causes profondes de la crise. Lors de la deuxième session d’un débat citoyen organisé ce jeudi 24 juillet 2025 par la Synergie pour les processus de paix au centre Boboto à Kinshasa, le professeur Djoli a désigné la frustration et les intérêts personnels comme des facteurs majeurs de l’instabilité sécuritaire et humanitaire que connaît le pays.
S’attaquant directement à ceux qui, ayant occupé de hautes fonctions, se muent en acteurs de la déstabilisation, Jacques Djoli n’a pas mâché ses mots : « Si vous avez été président hier et vous ne l’êtes plus parce que la Constitution vous l’interdit, restez dans cette posture, ne devenez pas chef rebelle. Ce n’est pas parce qu’on vous a arraché un morceau de carré minier qu’il faut prendre les armes. » Ces propos résonnent avec des réalités troublantes du paysage politique congolais.
L’illustration la plus frappante de cette dérive est le cas de Corneille Nangaa. Ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et artisan de la première passation pacifique du pouvoir en RDC depuis l’indépendance, il est aujourd’hui, depuis 2023, le coordonnateur de l’AFC-M23, un mouvement rebelle accusé de violences et d’atrocités dans l’Est du pays.
En parallèle, le retour récent de l’ancien président Joseph Kabila, après 18 ans au pouvoir, a ravivé les soupçons. Son apparition dans des zones contrôlées par les rebelles du M23-AFC, prétendument soutenus par le Rwanda, et sa série de consultations à Goma et Bukavu, viennent renforcer les accusations de collusion et de parrainage de la rébellion que les autorités de Kinshasa portent contre lui.
Pour M. Djoli, l’enjeu de cette guerre qui s’éternise dans l’Est est clair : il s’agit d’une tentative de balkanisation de la République Démocratique du Congo. « Les guerres dans la partie Est du pays ont pour but la fragmentation du Congo », a-t-il martelé. Face à ce danger existentiel, il a appelé les élites congolaises à l’unité : « Alors nous, Congolais, nous, élites, devons construire un consensus stratégique. Ce consensus stratégique est qu’au-delà de nos ambitions ».
Alors que le gouvernement poursuit ses négociations à l’étranger pour arracher un accord de paix durable, une partie de l’opposition congolaise continue de plaider pour un dialogue interne et inclusif, idéalement sous l’égide de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC).











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