RDC : HRW dénonce la répression des voix critiques contre le changement de la constitution et l’occupation de l’AFC-M23

Les autorités congolaises sont à nouveau au cœur des accusations de répression et détentions des journalistes, des militants et des membres des partis politiques de l’opposition face à leur position vis-à-vis du projet de changement de la constitution et la perspective de briguer un troisième mandat par le président Félix Tshisekedi au-delà de 2028.

Par Patient MBY

Dans un rapport publié ce mardi 12 mai, l’organisation des Nations-Unies, Human rights watch a dénoncé le harcellement et la détention arbitraire des journalistes et des voix dissidentes, dans un contexte d’occupation dans la partie Est du pays et des tensions liées à la révision constitutionnelle et un potentiel troisième mandat du président de la République Félix Tshisekedi.

Se référant aux informations publiées par la presse locale, Human Rights Watch rappelle que le 24 mars dernier, une manifestation du parti ÉCiDé de Martin Fayulu a été violemment réprimée à coups de gaz lacrymogènes et 15 membres du parti ont été arrêtés alors qu’ils manifestaient contre la tentative de modification de la loi fondamentale. Deux journalistes ont été forcés à fuir leurs domiciles, craignant des représailles des services de renseignements, après des sorties médiatiques critiques contre la prolongation du mandat présidentiel, indique l’ONG.

À en croire le HRW, Jordan Saidi Atibu, coordinateur de la branche de Kisangani de l’Observatoire d’Actions Parlementaires et Gouvernementales (OAPG), a été arrêté le 09 janvier par l’ANR, l’accusant de collusion avec la rébellion de l’AFC-M23, avant de le relâcher après 40 jours de détention dans une geôle « sans aération ni lumière ». Près de deux jours après, Serge Sindani, journaliste et directeur de Kis24.info, a été détenu pendant 10 jours pour les griefs similaires.

l’ONG dit avoir recensé 17 cas de disparitions forcées des personnalités politiques et des défenseurs des droits humains. Ces personnes ont été retrouvées, selon elle, au Conseil National de cybercriminalité. Parmi elle, huit ont été libérées, alors que 9 autres continuent à purger, notamment Aubin Minaku et Emmanuel Shadary, cadre du parti PPRD et proches de l’ancien président Joseph Kabila.

À ces actes répressifs contre les professionnels de médias, la société civile et les voix critiques, s’ajoutent les attaques contre les sièges de formations politiques de l’opposition à Kinshasa.

« La répression croissante au Congo doit être considérée comme un signal d’alarme urgent, alors que le climat politique se tend », a déclaré Bolopion.

«Les autorités doivent cesser de harceler et d’intimider les journalistes, les membres de l’opposition, la société civile et les militants, la libération des personnes détenues à tort et la création d’un climat où chacun puisse contester librement, ouvertement et en toute sécurité les positions du gouvernement », a déclaré Humans Rights watch.

HRW exhorte les autorités congolaises de mettre fin aux représailles et de garantir la liberté d’expression, d’opinions et de préoccupations sans crainte des répressions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.