Face à la chute brutale des cours mondiaux du cacao, le Gouvernement congolais sort l’artillerie lourde. Réuni en Conseil des ministres ce vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa sous la présidence de Félix Tshisekedi, l’exécutif, à travers le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku, a adopté un vaste plan d’action interministeriel destiné à soutenir les producteurs, sécuriser la filière et accélérer la transformation locale du cacao en RDC.
Par Pierre Kabakila
Lors de la 88ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté une série de mesures destinées à faire face à la baisse des cours mondiaux du cacao, après l’embellie historique enregistrée en 2024 où la tonne avait franchi la barre des 10 000 dollars américains.
Adoptée par le Gouvernement sous la présidence de Félix Tshisekedi, cette stratégie repose sur plusieurs axes prioritaires : fiscal, agricole, industriel, sécuritaire et infrastructurel.
Dans le secteur des finances, le Gouvernement prévoit des allègements fiscaux en faveur des comptoirs qui exportent officiellement le cacao et rapatrient les devises en République démocratique du Congo. Une mesure destinée à encourager les circuits formels et à réduire la fraude.
Au niveau agricole, l’exécutif entend poursuivre la distribution gratuite de semences améliorées ainsi que des bacs de fermentation afin d’améliorer le rendement et la qualité du cacao congolais.
Des infrastructures de stockage et de conservation, notamment des entrepôts et des silos, seront également construites dans les zones de production.
Le Gouvernement veut également structurer les petits producteurs en coopératives fortes capables de négocier directement leurs contrats de vente sans passer par des intermédiaires.
Sur le plan industriel, une ligne de crédit sera mobilisée via le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) pour financer les campagnes d’achat et amorcer la transformation locale du cacao. Les autorités annoncent aussi l’opérationnalisation des Zones économiques spéciales de Musienene, au Nord-Kivu, et de Gwaka, dans le Sud-Ubangi, avec l’ambition d’étendre ce modèle à l’Ituri et au Haut-Uele.
Pour désenclaver les bassins agricoles, le Gouvernement promet la réhabilitation urgente des routes reliant les zones de production aux ports, frontières et grands centres de consommation.
Dans le volet sécuritaire, une unité mixte réunissant la Police, la Douane et les Forces armées sera mise en place afin de lutter contre la contrebande et sécuriser les voies d’évacuation du cacao.
Le ministère du Commerce extérieur poursuivra les programmes de formation des producteurs sur les normes internationales, tout en travaillant à la diversification des marchés d’exportation.
À travers cette batterie de mesures, le Gouvernement congolais ambitionne de bâtir une filière cacao plus résiliente, capable de résister aux fluctuations du marché international tout en renforçant la transformation locale et la valeur ajoutée du cacao produit en RDC.













