RDC : La C-64, le navire de l’opposition pris dans la tempête des divergences

RDC : La C-64, le navire de l’opposition pris dans la tempête des divergences

Une partie de l’opposition congolaise, regroupée au sein de la plateforme C-64, a décidé de reporter sa marche prévue le 22 juillet afin d’accorder un ultimatum de 25 jours à Félix Tshisekedi pour convoquer le dialogue national inclusif. Cette décision a immédiatement suscité des réactions qui laissent transparaître des divergences de visions.

Par Patient MBY

Déjà, Ensemble pour la République, l’une des composantes de la plateforme, semble prendre ses distances avec la coalition. Maître Laurent Oyemba a appelé à la dissolution de la C-64, évoquant une divergence d’agendas. Selon lui, la population devrait se désolidariser de cette plateforme politique.

De son côté, Seth Kikuni estime que la seule opposition « non armée » capable de mettre fin à la « tyrannie de Félix Tshisekedi » est le mouvement « Sauvons la RDC », piloté par l’ancien président Joseph Kabila. Une sortie qui constitue un tir à boulets rouges contre la C-64, pourtant créée avec pour objectif de défendre l’ordre constitutionnel face aux velléités de révision de la Constitution.

Certains observateurs estiment que des opposants au sein de la C-64 considèrent le dialogue comme une opportunité d’« obtenir des postes » plutôt que de servir les intérêts de la population. À les en croire, le discours de la coalition a progressivement évolué. Lors de l’annonce de cette manifestation dite « pacifique », les leaders de la C-64 exigeaient la démission de Félix Tshisekedi, qu’ils accusaient d’avoir commis un « coup d’État constitutionnel ».

À l’approche de l’événement, Félix Tshisekedi a joué une nouvelle carte avec son homologue burundais. Le président en exercice de l’Union africaine a convié les leaders de l’opposition et les confessions religieuses à Bujumbura pour des consultations, entraînant un premier report de la marche du 8 au 22 juillet.

Par la suite, après l’annonce par le chef de l’État de sa volonté d’organiser un dialogue national inclusif, la CENCO-ECC, qui assure la médiation, a sollicité un nouveau report de la manifestation en guise de signe d’engagement en faveur de cette initiative.

Les fissures actuelles mettent en lumière la fragilité des coalitions politiques, confrontées aux divergences d’agendas et aux ambitions de leurs différents acteurs. Alors que la C-64 semble entrer dans une zone de turbulences, l’Union sacrée de la Nation, la plateforme politique du président Félix Tshisekedi, traverse elle aussi une période de fortes tensions entre les membres de son présidium.

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