Par Emmanuel Medina
Dans le cadre constitutionnel de la reddition des comptes et du contrôle des deniers publics, l’Assemblée nationale a consacré sa séance plénière du mardi 27 octobre 2026 à l’audition du rapport général de la Cour des comptes.
Présenté par le Premier président de cette haute institution de contrôle, Jimmy Munganga Ngwaka, ce document dresse un bilan exhaustif et certifié de l’exécution de la loi de finances pour l’exercice 2025.
La plénière, dirigée par le président de la Chambre basse du Parlement, Aimé Boji Sangara, a ainsi examiné les résultats d’un exercice budgétaire régi par la loi de finances initiale du 20 décembre 2024 et rectifié par celle du 28 juin 2025. L’élément phare de ce rapport est la constatation d’un excédent budgétaire chiffré à 400,2 milliards de francs congolais (CDF), soit un équivalent d’environ 177,2 millions de dollars américains.
Le diagnostic chiffré exposé devant la représentation nationale révèle que l’État congolais a su contenir ses engagements financiers par rapport aux ressources réellement encaissées. Les agrégats budgétaires définitifs se déclinent comme suit : recettes publiques mobilisées 41 979,7 milliards de francs congolais, et pour les dépenses publiques payées 41 579,5 milliards de francs congolais.
Sur base d’un budget du pouvoir central initialement projeté à 50 691,8 milliards de CDF, l’administration financière a affiché un taux de réalisation des recettes de 82,8 %. Par ailleurs, la Cour des comptes a souligné une performance notable : le déficit du budget général a été contenu à seulement 0,20 % du produit intérieur brut (PIB), marquant le niveau relatif le plus bas enregistré sur toute la période quinquennale allant de 2021 à 2025.
Le rapport met en relief la résilience de l’économie nationale au cours de l’année 2025. La République démocratique du Congo a enregistré un taux de croissance de 5,8 %, surpassant les prévisions initiales du gouvernement qui tablaient sur 5,3 %. Parallèlement, l’inflation moyenne a été stabilisée et ramenée à un taux de 7 %.
Toutefois, la Cour des comptes a nuancé ce tableau en pointant du doigt plusieurs contre-performances dans la mobilisation de certaines niches de recettes comme : les ressources extérieures; elles ont affiché une faiblesse structurelle majeure, n’étant captées qu’à hauteur de 51,8 % des montants initialement attendus auprès des partenaires au développement, et les recettes propres du budget général; elles ont atteint un taux d’exécution de 83,2 % par rapport aux assignations.
Un autre point de satisfaction relevé par le magistrat financier réside dans la baisse significative des dépenses exécutées en procédure d’urgence appelé la mises à disposition de fonds sans ordonnancement préalable. Ces dépenses exceptionnelles avaient atteint le seuil critique de 5 314,9 milliards de CDF au cours de l’exercice 2024 avant d’être fortement rationalisées en 2025.
Afin de pérenniser ces acquis économiques et d’ancrer durablement la discipline budgétaire, le Premier président Jimmy Munganga Ngwaka a soumis une série de recommandations stratégiques aux députés nationaux à savoir: l’intensification du suivi parlementaire pour veiller au respect et à l’application stricte par l’exécutif des injonctions et arrêts émis par la Cour des comptes, le renforcement du dialogue institutionnel pour institutionnaliser des échanges réguliers entre le Parlement, le gouvernement et la Cour pour corriger les trajectoires budgétaires en temps réel, et enfin l’amélioration de la qualité comptable pour exiger des ministères sectoriels et des régies financières une plus grande fiabilité et une transparence accrue dans la transmission des informations comptables.
Notons que, l’analyse de ce rapport général ouvre désormais la voie au débat parlementaire en vue de l’adoption de la loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025, un préalable légal indispensable avant l’examen et le vote du projet de loi de finances pour l’exercice à venir.













