À Kinshasa, le ministre de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a lancé une initiative nationale visant à pallier le manque criant de médecins spécialistes en République démocratique du Congo, où 17 provinces sur 26 en sont dépourvues, dans le cadre de l’accélération de la Couverture Santé Universelle.
Par Pierre Kabakila
La République démocratique du Congo a franchi, ce mercredi 19 mars 2026, une étape majeure dans la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU). Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel-Roger Kamba, a officiellement lancé la première Journée nationale sur la mutualisation des hyperspécialités, une initiative destinée à corriger les profondes inégalités d’accès aux soins spécialisés à travers le pays.
Cette démarche intervient dans un contexte préoccupant : 17 des 26 provinces congolaises ne disposent d’aucun médecin spécialiste, accentuant une fracture sanitaire majeure entre les grandes villes et les zones rurales.
Pour y remédier, le gouvernement mise sur une stratégie innovante fondée sur la mutualisation des compétences médicales. Celle-ci prévoit la mise en place de pôles mobiles d’experts, composés de spécialistes nationaux et de membres de la diaspora, capables d’intervenir sur l’ensemble du territoire.
L’objectif est de garantir un accès équitable aux soins de haute spécialisation, indépendamment de la localisation géographique des patients.
« Il s’agit de rapprocher les spécialistes des populations et de corriger durablement les déséquilibres territoriaux », a souligné le ministre lors de la cérémonie de lancement.
Cette réforme ambitieuse bénéficie d’un appui financier conséquent. Un financement global de 1,2 milliard de dollars américains a été mobilisé, dont 300 millions provenant du gouvernement congolais et 999 millions issus d’un partenariat stratégique avec les États-Unis. Ce soutien vise à renforcer les infrastructures sanitaires, améliorer l’offre de soins spécialisés et accélérer la mise en œuvre de la CSU.
Par ailleurs, ce dispositif s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du système de santé, notamment à travers le financement de la CSU par une taxe de 2 % sur les produits importés.
Cette mesure vise à élargir l’Assurance Maladie Obligatoire, alléger la charge financière des ménages et améliorer sensiblement l’espérance de vie des Congolais.
Avec cette initiative, les autorités congolaises entendent poser les bases d’un système de santé plus inclusif, capable de répondre efficacement aux besoins des populations sur l’ensemble du territoire national.












