Par Emmanuel Medina
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de conquête de la souveraineté alimentaire. Le ministère de l’Économie nationale, agissant par le biais du Fonds de Régulation Économique (Forec), a scellé un partenariat stratégique avec la Société Rizicole de Bumba (SRB). Ce protocole d’accord vise le développement intensif de la filière rizicole dans la province de la Mongala, située dans le nord-ouest du pays.
L’annonce officielle a été faite ce vendredi par le cabinet du vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, via ses canaux de communication officiels. Cet accord marque une étape concrète dans l’exécution de la feuille de route économique du gouvernement d’exécuter des projets à fort impact local.
Ce partenariat public-privé (PPP) répond à un enjeu macroéconomique majeur pour la RDC : l’allègement de la facture des importations de denrées de première nécessité. Le riz figure parmi les produits les plus consommés dans les centres urbains congolais, mais sa production locale reste historiquement en deçà des besoins nationaux.
« Ce partenariat s’inscrit dans la vision du Gouvernement visant à renforcer la sécurité alimentaire, soutenir la production locale et réduire progressivement la dépendance aux importations de produits alimentaires stratégiques », précise le ministère de l’Économie nationale. En réorientant les ressources du Forec vers des unités de production agricole intérieures, les autorités espèrent stabiliser les prix sur le marché intérieur et freiner la fuite des devises.
Le choix du territoire de Bumba, dans la province de la Mongala, n’est pas un hasard. Cette région dispose d’un potentiel écosystémique exceptionnel et d’une longue tradition de riziculture qui ne demandaient qu’à être redynamisés par des investissements structurels.
L’accord conclu avec la SRB cible plusieurs axes d’intervention prioritaires tels que : La structuration globale de la filière rizicole locale, l’amélioration de la productivité à travers des techniques agricoles modernes, le développement des infrastructures de soutien unités de transformation, de stockage et voies d’évacuation, et la création d’opportunités économiques directes au bénéfice des communautés locales.
En renforçant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la semence jusqu’à la commercialisation, le projet entend transformer l’agriculture de subsistance en une véritable industrie compétitive.
Au-delà des aspects strictement financiers, le ministère de l’Économie insiste sur la dimension sociale et environnementale de cette initiative. Le projet est pensé pour intégrer les petits producteurs locaux dans la dynamique industrielle de la SRB, garantissant ainsi un partage équitable de la valeur ajoutée.
« À travers ce partenariat public-privé, les acteurs réaffirment leur engagement en faveur d’une agriculture moderne, inclusive et durable, au service de la souveraineté alimentaire de la République démocratique du Congo », souligne le communiqué officiel de l’équipe de Daniel Mukoko Samba. Pour les observateurs économiques, la réussite de ce modèle à Bumba pourrait servir de projet pilote reproductible dans d’autres bassins de production agricole à travers le territoire national.













