RDC : Le Gouvernement minimise la visite de Kabila à Goma, fustige une «distraction» face à l’agression rwandaise

Par Patient MBY

La visite de l’ancien président Joseph Kabila à Goma n’est qu’une tentative de diversion. C’est en substance le message délivré par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, lors d’un point de presse conjoint avec le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, ce mardi 27 mai à Kinshasa. Le briefing, dont le thème principal était « Levier de croissance économique », a rapidement bifurqué vers les récentes déclarations de l’ancien chef d’État.

Selon Patrick Muyaya, le déplacement du « président honoraire » à Goma vise à détourner l’attention du gouvernement du véritable ennemi de la RDC : le Rwanda. Le ministre a rappelé que depuis « deux ans », la RDC est engagée sur un « front contre le Rwanda », pays « reconnu mondialement comme agresseur ». Des pourparlers sont même en cours à Washington pour trouver un terrain d’entente et mettre fin au conflit dans l’Est.

« Il est hors de question de penser qu’on peut nous laisser distraire pour prêter le flanc à ceux qui ont un rôle secondaire au Rwanda. C’est un principe qu’il ne faut pas oublier. On n’a pas ici besoin de vouloir ‘congoliser’ un problème qui est d’origine extérieure », a martelé Patrick Muyaya, insistant sur le fait que la problématique de l’Est n’est pas une affaire intérieure.

L’intervention de Joseph Kabila à Goma, où il a qualifié le régime actuel de « tyran » et a exprimé sa volonté de mettre fin à cette « tyrannie », a été perçue par le ministre de la Communication comme une « déclaration implicite de guerre ». Patrick Muyaya s’est interrogé : « Vous y mettrez fin de quelle manière ? » avant d’ajouter : « Il faut dire aux compatriotes qui sont à Goma aujourd’hui ou qui sont dans les autres parties sous occupation, le message qui leur est destiné, c’était : apprêtez-vous, on va faire la guerre. Il ne faut pas se cacher ».

Le ministre a par ailleurs rappelé que les Congolais n’aspirent plus à revivre un passé marqué par « la compromission de nos minerais, notamment avec le Rwanda, les passés de la corruption, les passés de la concussion ».

Dans son allocution du 23 mai dernier, Joseph Kabila, désormais sénateur à vie, avait dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire en RDC, citant des massacres (notamment à Makala), des restrictions de la liberté d’expression, des arrestations « arbitraires » et un « recul de la démocratie » sous la présidence de son successeur, Félix Tshisekedi.

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