Le ministère de la Santé publique a adopté un nouvel arrêté qui met fin à la quarantaine obligatoire appliquée de manière uniforme aux personnels de santé et aux personnes revenant des zones touchées par Ebola. Désormais, les mesures de surveillance et les restrictions de déplacement seront déterminées en fonction d’une évaluation individuelle du niveau de risque d’exposition.
Par Pierre Kabakila
Le gouvernement congolais a modifié les mesures de santé publique en vigueur dans le cadre de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. Dans un arrêté ministériel signé le 17 juillet 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, instaure une approche fondée sur l’évaluation individuelle du risque d’exposition, en remplacement de la quarantaine systématique.
Selon le document, cette décision fait suite aux recommandations formulées lors de la réunion stratégique de revue de la riposte tenue le 9 juillet à Bunia. Les autorités sanitaires estiment que l’application uniforme de la quarantaine a réduit les capacités de déploiement rapide des équipes de riposte et de mobilisation des ressources humaines indispensables à la lutte contre l’épidémie.
Le nouvel arrêté classe désormais les personnes concernées en trois catégories de risque.
La catégorie A, correspondant à un risque élevé d’exposition, concerne notamment les personnes ayant connu une exposition non protégée ou à haut risque. Elles seront soumises à un isolement de 21 jours, dans une structure appropriée ou, lorsque les conditions le permettent, à domicile sous surveillance sanitaire active. Elles ne pourront effectuer aucun déplacement national ou international, sauf dérogation sanitaire expresse.
La catégorie B, qui regroupe les personnes à faible risque d’exposition, prévoit une surveillance sanitaire quotidienne pendant 21 jours ainsi que des restrictions temporaires de déplacement définies après une évaluation individuelle du risque.
La catégorie C, correspondant à un risque minimal, vise les personnes n’ayant présenté aucune exposition documentée. Elles devront assurer une auto-surveillance quotidienne pendant 21 jours et signaler immédiatement tout symptôme compatible avec Ebola, sans faire l’objet de restrictions systématiques de déplacement.
L’arrêté introduit également un nouvel article consacré aux contrôles sanitaires aux points d’entrée du territoire. Toute personne ayant séjourné dans une province ou une zone affectée par Ebola devra faire l’objet d’une évaluation individuelle avant tout déplacement international. Les voyageurs classés en catégorie A resteront soumis à l’isolement, tandis que ceux des catégories B et C pourront voyager sous certaines conditions de surveillance sanitaire.
Le ministère précise enfin que ce nouvel arrêté abroge les dispositions antérieures contraires et entre en vigueur à la date de sa signature, soit le 17 juillet 2026.













