RDC : le ministre de la Justice ordonne des poursuites contre deux membres du cabinet des Finances pour corruption présumée

RDC : le ministre de la Justice ordonne des poursuites contre deux membres du cabinet des Finances pour corruption présumée

Le procureur général près la Cour de cassation a été formellement instruit par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa, d’engager des poursuites judiciaires contre deux membres du cabinet du ministre des Finances. Ils sont soupçonnés d’actes de corruption liés au blocage du paiement des honoraires dus aux avocats de la République démocratique du Congo (RDC), selon une correspondance officielle consultée jeudi par REPORTER.CD

Dans cette lettre, le ministre de la Justice dénonce des pratiques assimilables à une extorsion de fonds au sein du circuit financier du ministère des Finances. Malgré l’existence de deux correspondances du directeur de cabinet du président de la République autorisant le paiement des honoraires concernés, certains agents auraient conditionné l’alignement de l’ordre de paiement informatisé (OPI) au versement préalable de 15 % du montant global.

« Alors que le paiement de ces honoraires fait l’objet de deux lettres de Monsieur le directeur du cabinet de Son Excellence Monsieur le Président de la République, les personnes précitées et d’autres encore à découvrir, se réclamant du circuit financier du ministère des Finances, exercent des pressions et exigent 15 % du montant global avant l’alignement de l’OPI concerné », précise la correspondance signée par Guillaume Ngefa.

Face à la gravité des faits allégués, le ministre de la Justice a demandé au procureur général de diligenter des enquêtes approfondies afin d’identifier toutes les personnes impliquées, au-delà des deux membres du cabinet déjà cités, et de traduire les auteurs présumés devant les juridictions compétentes.

Cette affaire intervient dans un contexte de lutte affichée contre la corruption et les antivaleurs au sein de l’administration publique congolaise. Elle met également en lumière les difficultés récurrentes liées au paiement des honoraires des avocats de l’État, souvent confrontés à des lenteurs administratives et à des pratiques illégales.
Aucune réaction officielle du ministère des Finances ou des personnes mises en cause n’était encore disponible au moment de la publication de cet article. Toutefois, cette instruction judiciaire pourrait marquer une étape importante dans le renforcement de la redevabilité au sein des institutions publiques et dans la protection des droits des prestataires de l’État.

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