Par Patient MBY
Un rappot d’un groupe d’experts des Nations unies, consulté ce mardi 07 janvier 2026 par REPORTER.CD, met en évidence les ambitions de la rébellion de l’AFC-M23 d’établir une région autonome dans la partie Est de la République démocratique du Congo, dont une grande partie est sous son occupation depuis plusieurs mois, loin de tous les engagements en faveur de la paix.
Ce rapport indique que les rebelles de l’AFC-M23 cherchent à s’enraciner dans la zone grâce aux opérations militaires qu’ils mènent avec les forces rwandaises et à une administration parallèle, avec la mise en place de structures administratives, judiciaires, budgétaires et sécuritaires de type étatique qui usurpent les fonctions de l’État. Par ailleurs, la sortie médiatique du négociateur de la rébellion, Benjamin Mbonimpa, prônant le fédéralisme comme mode de gouvernance, a cristallisé les soupçons de balkanisation de la RDC.
Renforcement de l’administration et signes de balkanisation présumée
Pour consolider la gestion des territoires occupés, la rébellion de l’AFC-M23 recrute et forme ses forces de défense locale, censées sécuriser les entités conquises. En parallèle, les cadres politiques et ordinaires sont formés en leadership et en idéologie, impliquant la diaspora congolaise et l’opposition politique.
Sur le plan administratif, l’AFC-M23 a poursuivi le remplacement des autorités coutumières, la réforme des entités administratives, le contrôle du trafic dans les territoires contrôlés, l’apposition de tampons sur les passeports et la délivrance de visas. Les experts de l’ONU révèlent que l’AFC-M23 a imposé des taxes et impôts à la population pour contourner la fermeture des banques par Kinshasa, alors que, sur le plan judiciaire, les cours et tribunaux ont été rouverts.
Par ailleurs, le document note que la rébellion a procédé à une campagne de recrutement forcé d’hommes, de jeunes hommes et de mineurs sous le prétexte d’une « vérification d’identité et d’opérations de sécurité ».
Désertion, méfiance face au commandement rebelle
Les experts de l’ONU rapportent que la vérité sur les chiffres de nouveaux commandos de la rébellion ayant achevé des formations militaires à Rumangabo et à Tshanzu n’a pas été établie par des sources indépendantes. Tandis que les FARDC, policiers et Wazalendo capturés ou recrutés après la chute de Goma sont déployés par contrainte en première ligne de front dans des zones non maîtrisées par ces derniers et mal équipés.
Ces derniers jours, le nombre de combattants de l’AFC-M23 qui se sont rendus aux FARDC s’élève à plus de 300, à en croire les dernières statistiques de l’armée congolaise. D’après ce rapport, cette reddition massive est due au manque de confiance des nouvelles recrues ou des capturés envers le commandement rebelle, ainsi qu’aux traitements inhumains et dégradants qui leur sont infligés en cas de non-exécution d’un ordre ou de tentative de désertion dans les sites de formation, notamment Rumangabo et Tshanzu. Les éléments sitôt recrutés font face à la famine, aux maladies non soignées, aux exactions physiques et aux tortures.













