Des partis de l’opposition, des acteurs de la société civile et des personnalités indépendantes ont annoncé, lundi 19 mai à Kinshasa, la mise en place de la « Coalition Article 64 », une nouvelle plateforme politique qui dit vouloir défendre la Constitution et empêcher toute initiative visant une révision susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.
Par Pierre Kabakila
Des formations politiques de l’opposition, aux côtés d’organisations de la société civile et de figures indépendantes, ont officialisé lundi 19 mai à Kinshasa la création de la « Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel » (C.64).
Cette nouvelle plateforme se positionne comme un cadre de mobilisation contre toute tentative de modification de la Constitution du 18 février 2006, qu’elle associe à une stratégie visant à prolonger le pouvoir du président Félix Tshisekedi. Les initiateurs parlent d’une « dérive constitutionnelle » et invoquent l’article 64, qui appelle tout citoyen à s’opposer à toute violation de la Loi fondamentale.
Dans leur déclaration, les membres de la coalition dressent un tableau critique de la gouvernance actuelle, évoquant notamment la situation sécuritaire dans l’Est du pays, marquée selon eux par la persistance de conflits armés et la présence de groupes étrangers. Ils dénoncent également ce qu’ils qualifient de fragilisation des institutions et de restriction progressive des libertés publiques.
La C.64 met aussi en cause certaines structures sécuritaires et dispositifs récents, qu’elle considère comme des instruments de répression politique. Elle accuse par ailleurs le pouvoir de favoriser un climat de corruption et de mauvaise gouvernance.
Sur le plan juridique, la coalition rappelle les dispositions de l’article 220 de la Constitution, qui limite le nombre de mandats présidentiels et interdit toute révision de ces clauses fondamentales. Elle invoque également l’article 219, qui encadre les périodes d’état de siège, toujours en vigueur dans certaines provinces de l’Est.
Les signataires exigent le retrait d’un projet de loi référendaire actuellement en discussion au Parlement, qu’ils estiment incompatible avec l’esprit de la Constitution. Ils rejettent toute interprétation liant cette initiative à des engagements politiques ou diplomatiques récents.
La coalition affirme que le président Félix Tshisekedi en est à son dernier mandat constitutionnel et écarte toute possibilité de prolongation de son pouvoir au-delà de 2028. Elle annonce une mobilisation politique et citoyenne continue, en appelant la population à rester vigilante face aux évolutions du débat institutionnel.











