Par MEDINA
Le débat sur l’avenir institutionnel et électoral de la République Démocratique du Congo franchit un nouveau cap. Dans une déclaration politique commune rendue publique ce lundi 18 mai 2026 à Kinshasa, les groupes parlementaires de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) ont officiellement apporté leur soutien au projet de révision constitutionnelle. Par la même occasion, la plateforme politique de Modeste Bahati Lukwebo a jeté un pavé dans la mare en évoquant ouvertement un report des élections générales de 2028.
Se réclamant fidèles à l’Union sacrée de la nation et loyalistes envers le chef de l’État, les élus nationaux et sénateurs de l’AFDC-A justifient leur position par des impératifs d’adaptation légale et de sécurité nationale.
Pour les parlementaires de cette composante majeure de la majorité présidentielle, le processus de révision de la loi fondamentale en cours est une nécessité historique. Ils saluent toute initiative démocratique visant à doter le pays d’une Constitution adaptée aux défis actuels.
Selon les signataires de la déclaration, le texte actuel montre ses limites face aux enjeux contemporains, particulièrement en matière de souveraineté nationale renforcée face aux ingérences extérieures,préservation de l’intégrité territoriale dans un contexte d’agression prolongée et de la modernisation des institutions pour une gouvernance plus efficace.
Au-delà de la réorganisation institutionnelle, c’est le calendrier électoral qui subit un coup de projecteur. L’AFDC-A affirme sans détour que l’organisation des prochaines élections générales de 2028 demeure difficilement envisageable dans les conditions actuelles.
Le regroupement politique pointe du doigt l’occupation continue d’une large partie des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les rebelles de l’AFC-M23, qu’il rappelle être activement soutenus par le Rwanda. Selon les élus, l’absence de contrôle étatique sur ces pans entiers du territoire national rend totalement impossible la tenue d’un scrutin qu’ils souhaitent inclusif, apaisé, crédible et sécurisé.
Cette sortie médiatique des parlementaires de l’AFDC-A ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit en droite ligne avec les récentes déclarations du sommet de l’État. Le 6 mai dernier lors d’une conférence de presse organisée à la cité de l’union africaine à Kinshasa, le Président Félix Tshisekedi avait lui-même évoqué pour la première fois la possibilité d’un report technique des échéances électorales de 2028 si la paix et la stabilité n’étaient pas préalablement rétablies dans la partie orientale du pays.
En emboîtant le pas au chef de l’État, la majorité parlementaire commence à préparer l’opinion publique à un glissement du calendrier électoral, tout en liant fermement le destin des urnes à la résolution définitive de la crise sécuritaire à l’Est. Le débat est désormais lancé dans l’arène politique congolaise, où l’opposition ne devrait pas tarder à réagir.













