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Par MEDINA
Le Prix Nobel de la paix 2018 a publié un communiqué officiel ce dimanche 17 mai 2026. Il y dénonce les velléités de modification de la Loi fondamentale visant à accorder un troisième mandat au président Félix Tshisekedi.
La scène politique en République Démocratique du Congo (RDC) s’enflamme à nouveau. Dans une déclaration écrite datée du 17 mai 2026, le docteur Denis Mukwege est sorti de sa réserve pour exprimer sa vive inquiétude face au débat grandissant sur une possible révision constitutionnelle. Pour l’ancien candidat à la présidence, l’enjeu est clair, les acquis démocratiques du pays sont en péril.
Dès l’entame de son propos, Denis Mukwege rappelle une échéance constitutionnelle clé, celle du second et dernier mandat de l’actuel chef de l’État doit constitutionnellement prendre fin le 20 janvier 2029.
Le Prix Nobel de la paix fustige les manœuvres de la coalition au pouvoir, l’Union sacrée. Il accuse cette dernière de chercher à s’accrocher au pouvoir et d’ériger un système basé sur le culte de la personnalité, au mépris de l’alternance démocratique. Selon lui, toucher à la Constitution pour permettre un troisième mandat replongerait la RDC dans l’instabilité
«Nous exhortons le régime en place à ne pas plonger la Nation dans le débat explosif sur la modification du contrat social, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Comme l’énonce l’article 219 de la Constitution: « Aucune révision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siege » et d’après l’article 220 « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet
d’aucune revision constitutionnelle», a-t-il dit.
Face aux arguments de la majorité pointant du doigt l’insécurité à l’Est pour justifier un report des scrutins de 2028 ou une réécriture des textes, le Dr Mukwege dénonce une incohérence logique. Il souligne que si l’insécurité prive déjà plus de 12 millions de citoyens du Nord et du Sud-Kivu de leurs droits électoraux, ces mêmes raisons logistiques et sécuritaires devraient techniquement rendre impossible l’organisation d’un référendum national sur la Constitution.
L’homme fort de Panzi critique également le revirement politique de certains acteurs actuels. Il rappelle qu’il y a moins de dix ans, ces mêmes dirigeants manifestaient dans la rue pour défendre le verrouillage constitutionnel, alors qu’ils remuent aujourd’hui ciel et terre pour modifier ces mêmes articles.
Pour Denis Mukwege, la crise que traverse la RDC n’est pas juridique. Le pays ne souffre pas de textes légaux inadaptés, mais d’un déficit criant de leadership. L’urgence nationale réside, selon lui, dans l’émergence de femmes et d’hommes capables de gouverner efficacement afin d’apporter aux Congolais la paix, la justice, le travail et la dignité.
Cette prise de position ferme du Prix Nobel de la paix promet de cristalliser les tensions et de mobiliser l’opposition, alors que le débat sur l’avenir des institutions congolaises ne fait que commencer.












