RDC : plus de 5 milliards USD de pertes, la Banque mondiale charge les entreprises publiques

Malgré le boom minier et une croissance portée par les exportations de cuivre et de cobalt, les entreprises publiques congolaises continuent d’accumuler des contreperformances inquiétantes. Dans un rapport critique sur l’économie de la RDC, la Banque mondiale dénonce des pertes colossales, une gouvernance fragile et des dysfonctionnements persistants dans les secteurs stratégiques de l’électricité, de l’eau et des mines.

Par Pierre Kabakila

Les entreprises publiques de la République démocratique du Congo sont de plus en plus perçues comme un frein au développement économique du pays. C’est le constat dressé par la Banque mondiale dans un récent rapport consacré à la situation économique congolaise, consulté par plusieurs médias internationaux.

L’institution financière révèle qu’en l’espace de dix ans, les sociétés détenues par l’État congolais ont enregistré près de 5,3 milliards de dollars de pertes cumulées. Un chiffre qui illustre, selon le rapport, les difficultés structurelles de gestion et de gouvernance qui affectent plusieurs entreprises stratégiques du pays.

Le document accorde une attention particulière aux entreprises minières publiques, dans un contexte où le secteur extractif demeure le principal moteur de la croissance économique nationale. En 2025, la RDC a franchi un nouveau cap avec plus de 3,4 millions de tonnes de cuivre exportées, consolidant ainsi son rang parmi les grands producteurs mondiaux.

Mais derrière cette dynamique, les entreprises minières de l’État affichent une santé financière préoccupante. La MIBA, autrefois fleuron de l’industrie diamantifère congolaise, continue de s’enfoncer dans les difficultés. Selon le rapport, ses charges salariales représenteraient désormais 137 % de son chiffre d’affaires, révélant un déséquilibre majeur entre les dépenses et les revenus.

La Gécamines figure également parmi les entreprises les plus exposées. La société concentrerait à elle seule environ 16 % de la dette totale des entreprises publiques congolaises, même si elle demeure l’une des rares structures à afficher encore des bénéfices importants.

Le rapport de la Banque mondiale épingle également les contreperformances dans les services publics essentiels. La SNEL enregistre d’importantes pertes techniques sur son réseau électrique, estimées à près de 37 % de la production. Cette situation contribue à la multiplication des délestages à travers le pays et alourdit les coûts de fonctionnement des entreprises privées.

Dans le secteur de l’eau, la REGIDESO peine toujours à répondre aux besoins de la population. L’accès à l’eau potable reste particulièrement faible dans les zones rurales et semi-urbaines, tandis qu’une part importante de l’eau produite n’atteint jamais les consommateurs en raison des pertes enregistrées sur le réseau.

À travers ce rapport, la Banque mondiale appelle les autorités congolaises à accélérer les réformes des entreprises publiques, à renforcer les mécanismes de contrôle et à améliorer la transparence dans la gestion des ressources. Pour l’institution, sans restructuration profonde, ces sociétés risquent de continuer à peser lourdement sur l’économie nationale malgré l’immense potentiel minier du pays.

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