RDC – Rwanda : « La crise en RDC ne concerne pas les personnes, mais les minerais » (Evariste Ndayishimiye)

Par Patient Mubiayi MBY

Dans une interview accordée au média britannique BBC, le président burundais Evariste Ndayishimiye a évoqué la situation sécuritaire dramatique que traverse la République démocratique du Congo, marquée par l’agression de l’armée rwandaise et de ses supplétifs du M23.

Selon le président burundais, les conflits armés dans la partie Est de la RDC sont alimentés par des forces étrangères qui se disputent les richesses minières, ce qui met en péril la paix et la stabilité dans ce pays.

« Des forces extérieures sont responsables de la perpétuation de ce conflit. Elles ne veulent pas la paix en RDC parce qu’elles souhaitent continuer à piller ses ressources », a déclaré Evariste Ndayashimiye dans cet entretien relayé par BBC Afrique. Il a ajouté que « la crise en RDC ne concerne pas les personnes, mais les minerais ».

Pour sortir de cette crise, il propose de poursuivre les dialogues entre la RDC, le Rwanda et le M23, en y incluant également l’opposition non armée. Pour lui, ce problème est trop « petit » pour être résolu sans massacres. Mais tout cela dépend de la volonté du Rwanda, qui affirme poursuivre les FDLR, un groupe rebelle rwandais réfugié en RDC depuis le génocide rwandais de 1994.

« Le problème entre le Rwanda et la RDC est un petit problème, ils peuvent le résoudre sans tuer des gens. Par exemple, j’entends que le Rwanda dit qu’il va là-bas [en RDC] à cause des FDLR. Mais qui est tué ? Je ne vois que des Congolais. Pourquoi tuent-ils des Congolais alors qu’ils disent qu’ils recherchent les FDLR ? », a-t-il dit.

Au cours de cette intervention, le président burundais a dénoncé les menaces que son pays subit de la part du Rwanda. Ses déclarations sur la guerre à l’Est de la RDC interviennent dans un contexte où les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont eu un tête-à-tête au Qatar, où ils ont entamé un nouveau processus de paix, alors qu’à Luanda, les négociations directes entre le gouvernement congolais et le M23 n’ont pas eu lieu le 18 mars dernier.

Lors de la prise de la ville de Bukavu par la coalition rebelle M23-AFC à la mi-février, des milliers de Congolais ont fui vers le Burundi pour trouver refuge. Leurs conditions de vie restent très précaires, selon plusieurs alertes de la société civile. Evariste Ndayashimiye déclare que « non, notre frontière avec le Congo n’est pas fermée ». Son pays essaie tant soit peu de leur apporter de l’aide humanitaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.