Par Patient MBY
Depuis l’intensification des hostilités entre les rebelles du M23-AFC soutenus par le Rwanda et les Forces armées de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi n’a cessé d’accuser son prédécesseur d’être le commanditaire de l’opposition armée. Denis Mukwege a affirmé la thèse du chef de l’État dans une interview accordée à France 24 ce mercredi 28 mai.
Pour lui, le discours récent du président honoraire est la preuve irréfutable que Joseph Kabila serait « la marionnette » de Paul Kagame parce que, au vu des massacres survenus à Goma, Joseph Kabila « n’a pas dénoncé le président rwandais comme agresseur » alors que les Nations unies, dans sa résolution 27113, ont demandé « au Rwanda de quitter la République démocratique du Congo, et ceci sans condition ».
Pour Mukwege, le fait que Joseph Kabila ait passé par Kigali pour arriver à Goma, « ce sont des signes qui ne trompent pas » de sa connivence avec le M23 soutenu par le Rwanda.
La situation humanitaire dans l’Est du Congo est dramatique.
Sur le plateau de France 24, le prix Nobel de la paix a dressé un bilan alarmant de la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo où 10 millions de personnes font face à une faim aiguë selon les rapports des humanitaires. Selon lui, « la situation humanitaire dans l’Est du Congo est dramatique ».
Sur le plan sécuritaire, le docteur Mukwege affirme que, dans les zones occupées par la rébellion, les gens sont « exécutés, morts ; enlevées des cadavres qu’on retrouve sur leur passage. Et donc, je crois que ce qui est en train de se passer à Goma et à Bukavu » corrobore avec le rapport d’Amnesty International, qui accuse le M23 d’orchestrer des tueries, des tortures et des enlèvements forcés.
Il a par ailleurs exprimé sa déception face à la récente sortie médiatique de Kabila, qui a dénoncé la « tyrannie » et les dérives du régime actuel, car selon lui, en 2018, Kabila et Tshisekedi avaient organisé « un deal à l’africaine » pour favoriser la passation pacifique du pouvoir, alors que « nous savons que ce n’est pas Félix Tshisekedi qui avait gagné les élections ».
Pour l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, « quand vous lisez le discours, vous voyez très bien qu’il vient, comme vous l’avez dit, qu’il est prêt à faire un sacrifice suprême pour reprendre le pouvoir », d’où il s’interroge : « C’est quelle façon d’agir ? Est-ce que le Congo appartient à des individus ? ». Il estime que Félix Tshisekedi et Joseph Kabila devraient présenter des excuses aux Congolais : « le peuple vote et que vous, vous décidez de faire un deal ».
Notons que le sénateur à vie Joseph Kabila est, depuis dimanche 25 mai, à Goma, dans la province du Nord-Kivu, selon ses proches. Ce mercredi, il a entamé des consultations avec les forces vives de la population de ce coin du pays, selon les mêmes sources.













