Renvoi à la retraite de 300 000 fonctionnaires : L’ODEP alerte sur «un pilotage macroéconomique déshumanisé»

Renvoi à la retraite de 300 000 fonctionnaires : L’ODEP alerte sur «un pilotage macroéconomique déshumanisé»

Par Patient MBY 

Entre 2025 et 2035, le gouvernement congolais prévoit la mise en retraite de 300 000 fonctionnaires avec l’appui du Fonds Monétaire International (FMI). Cette annonce a été faite par le Vice-premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebwa, lors de la 51ᵉ réunion du Conseil des ministres. Pour l’Observatoire de la dépense publique, cette initiative constitue une bombe sociale. 

Dans un communiqué rendu public ce mardi 15 juillet, L’ODEP indique que l’État congolais n’a pas la capacité d’offrir une retraite digne à cette masse de personnes, dans un contexte de guerre persistante à l’Est du pays, de pauvreté endémique liée à la baisse du pouvoir d’achat de la population. 

« Cette réforme n’a de sens que si elle s’inscrit dans une vision globale et humaine, tenant compte à la fois des capacités budgétaires nationales, de la soutenabilité du régime de pension et des droits fondamentaux des travailleurs », a écrit L’ODEP dans ce document. 

Pour Florimond Muteba, président du conseil d’administration de cette structure de la société civile et signataire de ce communiqué, « le gouvernement congolais fait le choix dangereux d’un pilotage macroéconomique déshumanisé, sacrifiant des milliers de familles sur l’autel d’une orthodoxie budgétaire déconnectée des réalités sociales du pays ». 

Il soulève des irrégularités liées à la récente mise en retraite de 11 000 personnes en 2022, telles que des attentes quasi interminables des indemnités, l’engorgement chronique des guichets de la CNSSAP et le manque d’organisation du service, appelant le gouvernement à tirer la leçon du passé en renforçant les capacités humaines, techniques et financières de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics (CNSSAP) afin qu’elle soit en mesure de mettre en œuvre le mécanisme de compensation sociale. 

L’ODEP révèle également une opacité sur les critères de départ, les procédures de sélection, le calendrier de paiement des indemnités et les mécanismes d’appui post-retraite, rappelant que les agents précédemment mis à la retraite étaient en majorité les plus précarisés et rémunérés faiblement par l’État congolais. 

Enfin, l’observatoire sur la dépense publique recommande au gouvernement central de suspendre cette démarche en instaurant un audit de la CNSSAP afin d’évaluer la viabilité financière du régime de la pension et de mettre en place un dispositif d’accompagnement social. 

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