Par Patient MBY
Le gouvernement congolais reste dubitatif quant à l’annonce du retrait « conditionnel » de la rébellion de l’AFC-M23 de la ville d’Uvira, passée sous leur contrôle mercredi 10 décembre, six jours après la signature de l’accord de paix de Washington entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous les bons offices de Donald Trump.
Dans une interview sur le média français France 24, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié cette annonce de « non-événement, une diversion », dans un contexte où Kinshasa est « préoccupé » par la situation humanitaire des populations civiles qui, selon lui, auraient subi des menaces et des intimidations de la part du mouvement rebelle.
Patrick Muyaya s’interroge sur la répercussion directe de la pression américaine sur Kigali sur l’AFC-M23, qui a toujours déclaré ne pas être concerné par l’accord de Washington. Il soutient que la décision unilatérale du mouvement de quitter Uvira est une manœuvre visant à distraire la médiation américaine.
« Il est évident que c’est une manœuvre qui vise à distraire les médiateurs américains qui sont engagés à prendre des actions, parce qu’il est évident que ce qui s’est passé à Uvira est inacceptable, au regard à la fois de la résolution 2773, du processus de Doha ou du processus de Washington. Il est inacceptable que Kigali tire des missiles à partir de son territoire sur le nôtre, sur le territoire burundais. Il est irresponsable que Kigali utilise des drones kamikazes sur des cibles civiles et, à Uvira, c’est plutôt le désarroi, au contraire de ce qui nous a été montré ce matin », a-t-il déclaré.
Le gouvernement congolais dit attendre la mise en œuvre des prescrits de l’accord, tout en indiquant qu’il ne s’attendait pas à une offense « de ce type » après la cérémonie d’entérinement de l’accord de paix.
La coalition AFC-M23 a annoncé, lundi 15 décembre, qu’elle se retirera d’Uvira à la demande des États-Unis, mais a posé des conditions telles que la démilitarisation de la ville, la protection de sa population et le suivi du cessez-le-feu par le déploiement d’une force neutre. Jusqu’à présent, aucun calendrier de ce processus ni la nature de ce retrait n’ont été dévoilés.













