Par Emmanuel Medina
Le paysage économique de la République démocratique du Congo s’apprête à connaître un tournant historique. Présenté ce jeudi 11 juin 2026 au Sénat par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, le projet de loi portant création des marchés boursiers en RDC a été officiellement renvoyé à la commission Économique, financière et de la bonne gouvernance. Cette étape marque le début d’un examen approfondi de ce texte stratégique avant son retour programmé en séance plénière pour adoption.
Devant la chambre haute du Parlement, le ministre des Finances Doudou Fwamba a défendu cette réforme qu’il qualifie de « maillon manquant » de l’architecture financière de la RDC. Pour l’exécutif, l’absence d’une place boursière locale freinait la modernisation du système financier et limitait les capacités du pays à capter des ressources intérieures et extérieures de long terme.
La portée de cette présentation est symbolique et économique. « Pour la première fois depuis plus de cinquante-cinq ans, un projet de loi relatif aux marchés boursiers en République démocratique du Congo est présenté au Parlement. Il s’agit d’un important maillon manquant de notre système financier, permettant davantage d’épargne, davantage de ressources et davantage de capitaux », a martelé Doudou Fwamba face aux sénateurs.
L’objectif final de cette loi est de structurer un marché financier local capable de mobiliser l’épargne publique et d’attirer des investisseurs institutionnels. En offrant une alternative moderne au système bancaire traditionnel, cette future bourse congolaise permettra de lever les capitaux nécessaires au financement des grands projets d’infrastructures et au développement du secteur privé.
Après plus de cinq décennies d’attente, l’examen de ce texte par les sages de la commission Ecofin place désormais le Parlement au centre d’une réforme historique, indispensable pour connecter l’économie congolaise aux standards financiers internationaux.













