Par MEDINA
Alors que le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, est sous le coup d’une motion de défiance, l’agitation gagne les couloirs du Palais du Peuple. Entre manœuvres de sauvetage et accusations de deux poids, deux mesures , la majorité présidentielle traverse une zone de turbulences où les principes de l’Union Sacrée sont mis à rude épreuve.
L’ambiance est électrique à l’Assemblée nationale. Jacquemain Shabani, figure de proue de l’UDPS et actuel patron de la sécurité intérieure, est dans l’œil du cyclone. Mais alors que la procédure parlementaire devrait suivre son cours, des voix s’élèvent pour dénoncer une tentative de blocage orchestrée au plus haut sommet de l’État.
Au sein même de la majorité, le mécontentement gronde. Plusieurs députés nationaux, pourtant membres de la famille politique du Chef de l’État, ne cachent plus leur frustration. En cause, le traitement de faveur dont bénéficierait le VPM de l’Intérieur par rapport à d’autres alliés de poids.
« On a vu Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo être sacrifiés sans état d’âme lorsque des équilibres politiques l’exigaient », s’indigne un député signataire de la motion sous couvert d’anonymat. « Pourquoi le Règlement intérieur deviendrait-il soudainement une option quand il s’agit de l’UDPS ? Ce sentiment d’une justice à deux vitesses est en train de fracturer l’Union Sacrée. »
Pour les motionnaires, le constat est amer . Ils accusent le bureau de la chambre basse de multiplier les manœuvres dilatoires pour protéger l’un des « piliers » du régime, au mépris de la séparation des pouvoirs.
« Le Règlement Intérieur est piétiné, la séparation des pouvoirs est bafouée », fustigent les élus frondeurs. Selon eux, en protégeant ce qu’ils qualifient d’« incompétence » face à la dégradation sécuritaire persistante dans le pays, le régime s’éloigne de son crédo originel. « Le « Peuple d’abord » est oublié au profit de la survie politique des individus », martèlent-ils.
Au-delà des joutes politiques, c’est le bilan de Jacquemain Shabani à la tête du ministère de l’Intérieur qui est visé. Alors que plusieurs régions du pays font face à une recrudescence de l’insécurité, les députés motionnaires estiment que la redevabilité parlementaire ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la solidarité partisane.
Si la motion venait à être étouffée dans l’œuf, elle laisserait derrière elle un goût de crise institutionnelle. Pour l’heure, le sort de Jacquemain Shabani reste suspendu à la volonté du Bureau de l’Assemblée nationale de convoquer, ou non, la plénière pour l’examen de cette motion de défiance. Une décision qui sera un véritable test pour la solidité et l’équité de la coalition au pouvoir.












