Par MEDINA
À peine nommés le 26 avril dernier, déjà partants. Il s’agit des Joseph Nsalambi et Jean Kimboko, qui ont déposé leur démission ce mardi 05 mai. Officiellement partis pour des « convenances personnelles », ces deux poids lourds politiques de la province s’apprêteraient à retrouver leurs sièges à l’Assemblée provinciale, renforçant ainsi le camp du Gouverneur à la veille d’un examen judiciaire crucial.
Le réaménagement technique du gouvernement provincial du Kongo Central, opéré le 26 avril dernier, n’aura été qu’un feu de paille pour deux de ses membres. Joseph Nsalambi Ngabakita ministre du Plan, Budget et Numérique et Jean Kimboko Ndombasi ministre de la Santé, Communication et Porte-parole ont surpris l’opinion publique en jetant l’éponge ce mardi, soit une semaine seulement après leur entrée en fonction.
Si les lettres de démission évoqueraient pudiquement des « raisons de convenance personnelle », les couloirs de l’Assemblée provinciale bruissent d’une tout autre explication. Ce retrait ne serait pas un désaveu, mais une manœuvre politique de haute voltige. En démissionnant de l’exécutif, les deux hommes récupèrent automatiquement leurs mandats de députés provinciaux.
L’objectif est de muscler les rangs du « G17 », le groupe de députés fidèles au Gouverneur de province, grâce Bilolo au sein d’un organe délibérant plus divisé que jamais.
Ce retour au Parlement intervient dans un climat de tension extrême. Le Gouverneur est actuellement dans le collimateur de la justice. Le Procureur général près la Cour de cassation a en effet adressé un réquisitoire à l’Assemblée provinciale, sollicitant l’autorisation d’ouvrir une instruction judiciaire pour des soupçons de détournement de deniers publics.
La plénière prévue ce jeudi 07 mai s’annonce donc comme le juge de paix de cette crise. En réintégrant Joseph Nsalambi et Jean Kimboko, le camp du chef de l’exécutif espère consolider sa majorité pour faire barrage à la demande du Procureur.
Alors que la province retient son souffle, cette partie d’échecs politique pose une question de fond; le droit pourra-t-il suivre son cours ou sera-t-il freiné par l’arithmétique parlementaire ?
Reste désormais à savoir si ce calcul mathématique suffira à éteindre l’incendie judiciaire. Entre solidarité politique et devoir de redevabilité, les députés du Kongo Central se retrouvent face à leurs responsabilités. Le vote de ce jeudi sera, à n’en pas douter, un test de maturité majeur pour la démocratie provinciale.













