Trafic d’or à l’est de la RDC : Washington asphyxie la raffinerie rwandaise Gasabo Gold

Trafic d’or à l’est de la RDC : Washington asphyxie la raffinerie rwandaise Gasabo Gold

Par Emmanuel Medina

Dans un virage diplomatique et économique majeur, le Trésor américain a déployé l’artillerie lourde contre les réseaux financiers alimentant l’instabilité en République démocratique du Congo (RDC). Ce mercredi 24 juin 2026, les États-Unis ont annoncé de lourdes sanctions financières ciblant un réseau rwandais de premier plan, accusé de orchestrer le trafic illicite d’or congolais pour le compte de la coalition rebelle AFC/M23, avec la complicité de l’armée rwandaise

Au centre de ce dispositif de prédation économique se trouve la Gasabo Gold Refinery LTD, une importante raffinerie d’or implantée à Kigali. Selon l’Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Trésor américain, cette entreprise servait de vitrine légale et de hub logistique pour réinjecter l’or de sang dans le circuit commercial international.

Les enquêtes américaines révèlent une logistique transfrontalière implacable. Pas moins de 60 kilogrammes d’or hautement purifié, d’une valeur marchande de plusieurs millions de dollars, ont été acheminés depuis les mines de l’est de la RDC directement vers les cuves de Gasabo Gold au tout début de l’année 2026. Ce trafic s’est opéré depuis des zones spécifiques de la province du Sud-Kivu, sous le joug militaire de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23.

L’administration américaine brise le tabou de la neutralité en pointant directement la responsabilité des Forces de défense rwandaises (RDF) dans l’escorte et la sécurisation de ces cargaisons illégales.

Le couperet de l’administration américaine s’abat nommément sur l’élite économique rwandaise liée à ce commerce ombrageux : il s’agit du Président du conseil d’administration de Gasabo Gold Refinery et figure influente du secteur minier rwandais, du directeur général de la même raffinerie et des filiales et structures satellites placées sous le contrôle direct ou indirect de Jean Malic Kalima, utilisées pour masquer l’origine congolaise du minerai.

Ces sanctions se traduisent par le gel immédiat de tous les avoirs de ces personnes et entités aux États-Unis, ainsi que l’interdiction stricte pour toute institution financière mondiale d’opérer avec elles sous peine de sanctions secondaires.

Cette offensive financière marque la volonté de Washington d’asphyxier économiquement les parrains de la guerre à l’est de la RDC. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a assorti ces mesures d’une mise en garde solennelle qui résonne comme un avertissement direct aux autorités de Kigali.

« Les États-Unis ne permettront pas à des groupes hors-la-loi de tirer profit du commerce illicite des minerais et de contribuer à l’instabilité de la région », a martelé le patron du Trésor américain.

Pour Kinshasa, ces sanctions représentent une victoire diplomatique éclatante. Elles corroborent les rapports successifs des experts des Nations Unies qui dénoncent, depuis des années, le rôle de plaque tournante du Rwanda dans le blanchiment des ressources naturelles de la RDC. En s’attaquant à la chaîne de valeur de l’or, de la mine de l’est jusqu’à la raffinerie de Kigali, Washington espère tarir la source de financement qui permet au M23 de maintenir sa pression militaire sur le sol congolais.

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