UA : le Burundi à la tête de l’organisation, cap sur l’eau, la paix et la jeunesse

À Addis-Abeba, le 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’ouvre sur un double signal fort : la passation de pouvoir à la tête de l’organisation continentale au profit du Burundais Évariste Ndayishimiye et la relance diplomatique du Président congolais Félix Tshisekedi autour des enjeux cruciaux de paix et de sécurité en République démocratique du Congo.

Par Medina


Réunis ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, les chefs d’État et de gouvernement ont confié la présidence tournante de la Conférence de l’Union africaine au Président burundais Évariste Ndayishimiye, succédant officiellement à son homologue angolais João Lourenço
.

Dans son discours d’investiture, le nouveau président en exercice a salué l’hospitalité de l’Addis-Abeba, berceau historique de l’Organisation de l’Unité africaine fondée en 1963, devenue Union africaine en 2002. Il a rendu un hommage appuyé aux Pères fondateurs, appelant à raviver l’idéal panafricain face aux défis contemporains.

Un mandat placé sous le signe vital de l’eau

L’année 2026 est consacrée au thème : « Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».

Le Président Ndayishimiye a rappelé qu’environ 400 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable et près de 700 millions demeurent privés de services d’assainissement adéquats.

Il s’est engagé à défendre une position africaine unifiée lors de la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue en décembre 2026 aux Émirats arabes unis, en vue d’accélérer la réalisation de l’Objectif de développement durable n°6. Le Burundi ambitionne, a-t-il souligné, de garantir d’ici 2040 un point d’eau potable à moins de 15 minutes pour chaque ménage rural.

Paix et sécurité : une priorité continentale
Dans un contexte marqué par les crises persistantes à l’Est de la République démocratique du Congo, au Sahel, en Somalie, au Soudan et en République centrafricaine, le président en exercice a réaffirmé son attachement à l’initiative « Faire taire les armes ».

Il a plaidé pour un renforcement de l’architecture africaine de paix et de sécurité, une meilleure coordination avec les Communautés économiques régionales, ainsi qu’une approche inclusive intégrant les jeunes et les femmes. À cet effet, un Dialogue continental sur la Jeunesse, la Paix et la Sécurité est annoncé pour août 2026 à Bujumbura.

Renaissance africaine et transformation économique
Troisième pilier de la présidence burundaise : l’innovation et l’autonomisation, à travers l’initiative A-RISE (Renaissance africaine fondée sur l’Innovation, la Science et l’Entrepreneuriat).
Face à une population africaine projetée à plus de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, Évariste Ndayishimiye a insisté sur l’investissement dans l’éducation, l’emploi des jeunes et la participation pleine et effective des femmes.

Il a également appelé à l’opérationnalisation effective de la ZLECAf et au renforcement des infrastructures régionales dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).

Multilatéralisme et souveraineté africaine

Dans un environnement international marqué par de fortes tensions géopolitiques, le président en exercice de l’Union africaine a défendu un multilatéralisme rénové, fondé sur le respect de la souveraineté des États et du droit international. Il a salué l’entrée de l’Union africaine au G20, qu’il considère comme une reconnaissance du poids stratégique du continent dans la gouvernance mondiale.

Il a, à ce titre, rendu hommage au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour son engagement constant en faveur de la paix et du multilatéralisme.

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Tshisekedi et Guterres :
La RDC au cœur des échanges

Peu avant l’ouverture officielle du 39ᵉ Sommet, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, s’est entretenu avec António Guterres sur la consolidation des efforts de paix en RDC.

Les deux personnalités ont insisté sur la nécessité de passer des exhortations aux actes, afin de garantir le respect strict du droit international et des engagements souscrits par les parties concernées. Elles ont également convenu de l’urgence d’opérationnaliser l’architecture de cessez-le-feu issue du processus de Doha, avec un appui technique crédible de la MONUSCO, conformément à la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

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