À l’heure où la Constitution du 18 février 2006 totalise deux décennies d’existence, la question de sa refonte s’impose de nouveau dans le débat national. Plaidant pour une rupture institutionnelle assumée, le député national Willy Mishiki défend l’idée d’un mandat présidentiel de sept ans et d’une nouvelle loi fondamentale, une proposition qui relance les interrogations sur l’équilibre démocratique et les priorités réelles de la République démocratique du Congo.
Par Gédéon ATIBU
Invité du magazine « TOP 7 » de TOP CONGO FM, le député national Willy Mishiki s’est montré optimiste quant à la rédaction d’une nouvelle constitution, destinée à remplacer celle du 18 février 2006 qui vient de totaliser 20 ans d’existence.
« Nous allons rédiger une nouvelle Constitution. Nous allons faire la réécriture », a-t-il promis avec une assurance déconcertante.
Selon le « prince de Walikale », le format actuel est inadapté : « On ne peut rien faire avec un mandat de 5 ans dans notre pays. Il faut un mandat de 7 ans pour le Chef de l’État. Non seulement pour le président de la République, mais aussi pour tous les élus, en commençant par les élus locaux, provinciaux et nationaux », a-t-il justifié.
Pour Willy Mishiki, un changement de Constitution remettrait logiquement les compteurs à zéro pour l’actuel chef de l’État. Il préconise ainsi une phase de transition gérée par le Parlement :
« Pour l’actuel président, si jamais on change l’actuelle Constitution, ce sera le compteur à zéro pour le président Félix Tshisekedi. Nous allons voter une disposition transitoire au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat pour diriger le pays le temps que la nouvelle constitution puisse entrer en vigueur », a-t-il dit.
Au-delà de la querelle sémantique entre « révision » et « remplacement », une question de fond demeure : quel sera l’impact réel de cette mutation sur le quotidien socio-économique des Congolais ? Surtout, alors que les priorités s’accumulent, reste à savoir si le contexte sécuritaire et social se prête réellement, aujourd’hui, à un tel basculement institutionnel.













