Seize autres civils ont été tués le mercredi 22 juillet dernier dans une nouvelle attaque des rebelles ADF dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Les villages de Mandeite et Ndiapanda ont été visés par cette attaque qui vient une nouvelle fois rappeler une triste réalité devenue presque quotidienne dans cette partie de la République démocratique du Congo : des populations continuent de mourir dans une guerre qui ne semble préoccuper personne.
Par Charles Muhindo
En effet, cette nouvelle attaque n’est pas un fait nouveau. Depuis plusieurs semaines, les territoires de Mambasa, Beni, Irumu et Lubero enregistrent des attaques récurrentes de ces djihadistes. Lors des incursions, des civils sont alors tués dans leurs villages, sur les routes ou encore dans des champs où ils cherchent à gagner leur vie. À chaque attaque, on vit le même scénario : des morts, des déplacements de la population et des familles endeuillées et engoissées, etc.
Depuis plus de 10 ans, dans cette zone, les habitants vivent dans une peur qui ne finit jamais. Malheureusement, les terroristes ne visent que des civils sans défense vivat dans des villages non protégés par les services de sécurité. Lors de la récente attaque sur l’axe Masau, à la limite entre Beni et Mambasa, des civils qui se rendaient dans un carré minier sont tombés dans une embuscade des assaillants.
Quelques jours plus tôt, la ville de Beni, actuel chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, a aussi été frappé. À Mangina, dans le territoire de Beni, par ailleurs, plusieurs civils ont perdu la vie lors d’une autre attaque dont le bilan s’éleverait aussi à 16 morts ces jours. Dans plusieurs localités autour de Beni, la population redoute constamment de nouvelles attaques.
Face à cette menace, les FARDC et l’UPDF mènent depuis le 30 novembre 2021 des opérations conjointes contre les ADF. Même si ces opérations ont permis de neutraliser certains combattants et de reprendre quelques positions, mais elles n’ont pas réussi à mettre fin aux attaques contre les civils ni à affaiblir les terroristes.
Plus 4 ans après le début de ces opérations, les ADF continuent d’attaquer plusieurs zones au même moment. Il se déplace, attaque les populations et s’étend aujourd’hui vers d’autres provinces, notamment le Haut-Uélé et la Tshopo.
Malgré le nombre de victimes enregistrées depuis 2014, la guerre contre les ADF semble rester au second plan. Après chaque attaque, les autorités expriment leurs compassions, les condamnations se multiplient dans les médias puis, plus rien. Cette guerre est pourtant l’une des plus meurtrières du pays. Elle ne fait pas toujours la une de l’actualité, mais elle continue de tuer régulièrement des Congolais.
La situation est encore plus difficile aujourd’hui avec la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la même région. Les populations déjà malmenées par les attaques font désormais face à une menace sanitaire. Mais, ni la communauté nationale ni celle internationale ne semblent prendre la question au degré de sa menace pour sauver des vies fauchées depuis plus d’une décennie maintenant.












